Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

NEW YORK — Le vacillement du cessez-le-feu en Syrie a pesé sur la conférence sur les réfugiés à New York, lundi, alors que le premier ministre Justin Trudeau et des dirigeants d’autres pays étaient réunis pour prendre de nouveaux engagements à l’égard des victimes d’une crise migratoire historique.

Les nouvelles informations émanant des États-Unis et d’ailleurs dans le monde ont souligné la position souvent avancée au sommet voulant qu’il y ait encore beaucoup de travail à accomplir concernant les réfugiés.

Alors que M. Trudeau prenait la parole, les informations circulaient sur des bombardements qui semblaient compromettre le cessez-le-feu en Syrie.

Tandis que la guerre faisait de nouvelles victimes, le débat plus près du lieu de la conférence à New York tournait autour de la pertinence de l’accueil des réfugiés. Une série d’attaques à la bombe dans la ville et sa région a ajouté de l’huile sur le feu du débat électoral américain sur l’accueil des immigrants musulmans. Le candidat républicain Donald Trump a soutenu, lundi, à Fox News, que les États-Unis avaient démontré de la faiblesse en laissant entrer au pays des milliers de personnes — parlant même d’un «cancer».

Les délégués à la conférence des Nations unies ont applaudi M. Trudeau, lundi matin, lorsqu’il a mentionné que le Canada avait accueilli près de 31 000 réfugiés syriens depuis l’an dernier.

«Bien qu’il s’agisse d’une belle histoire, je ne veux pas perdre de vue le fait que les obligations du Canada ne doivent pas se limiter à la réinstallation», a rapidement déclaré le premier ministre.

«Il est maintenant temps pour chacun d’entre nous de penser à ce que nous pouvons offrir de plus. Donc, au Canada, nous examinons nos options.»

M. Trudeau a annoncé que le Canada dépenserait un montant additionnel de 64,5 millions $ au cours des prochaines années afin de soutenir les gens touchés par les crises humanitaires à travers le monde, et augmenterait son budget d’aide étrangère de dix pour cent pour aider les enfants déplacés à retourner à l’école.

Ces défis ont été mis en lumière par la femme assise à ses côtés. En Jordanie, le décompte non officiel évalue à presque 10 pour cent de la population la proportion de réfugiés syriens. «Nous allons laisser les réfugiés languir dans des camps… des bidonvilles?», s’est demandé la reine Rania de Jordanie, qui a coprésidé l’une des séances de discussion avec M. Trudeau.

La reine Rania a fait valoir que la bonne volonté affichée présentement par les pays représentait peu face à l’ampleur de la tâche à accomplir.

M. Trudeau a affirmé que tous les pays devraient chercher des façons additionnelles de contribuer à résoudre cette crise historique causée par la guerre civile en Syrie. Il a raconté qu’en tant qu’ex-enseignant, il se souciait particulièrement de la façon d’aider les personnes ayant dû quitter leur pays à obtenir une éducation.

Le premier ministre effectue une visite de deux jours aux Nations unies, où il s’adressera à l’Assemblée générale, mardi.

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