Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le Canada a tout intérêt à jouer un rôle de premier plan dans les missions de paix des Nations unies, a soutenu l’ancien commandant militaire Roméo Dallaire, lundi, à Ottawa, alors même qu’il livrait une critique incisive de la gestion de telles missions par l’organisation internationale.

Le sénateur à la retraite et lieutenant-général, qui dirigeait la mission de l’ONU au Rwanda lors du génocide de 1994, a soutenu devant le Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense que les Nations unies avaient échoué de plusieurs façons dans leur gestion des missions de paix à travers le monde.

M. Dallaire a notamment souligné une piètre planification des interventions et la désignation de diplomates et d’officiers militaires n’ayant pas les compétences requises pour diriger les missions et les efforts diplomatiques.

«Il y a des régions où vous comptez quatre ou cinq missions les unes aux côtés des autres qui pourraient unir leurs forces, mais qui n’ont pas la capacité de le faire, a dit le sénateur à la retraite. C’est pour cela que les « gars » n’aiment pas travailler avec les Nations unies.»

Mais M. Dallaire a souligné que plusieurs conflits que les Nations unies tentent de gérer auront un impact sur le Canada en termes de crises de réfugiés, de pandémies et de terrorisme. Il croit que le Canada doit reprendre son rôle dans les missions de paix s’il veut aider l’organisation internationale à mieux répondre à ces situations.

«Des réformes sont cruciales pour l’avenir. Et je crois que l’on peut faire évoluer les critères», a-t-il affirmé après la rencontre.

«Ne vous éloignez pas de l’ONU. Au contraire, immiscez-vous dans les entrailles de cette maudite affaire et commencez à retirer certains des irritants», a-t-il poursuivi.

La présence de M. Dallaire devant le comité sénatorial coïncidait avec la reprise des travaux au Parlement.

La chef conservatrice intérimaire Rona Ambrose n’a pas tardé à accuser le gouvernement d’utiliser les militaires canadiens comme des «pions» dans son objectif d’obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Mme Ambrose a réclamé que tout futur déploiement fasse l’objet d’un débat et d’un vote à la Chambre des communes.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui avait invité M. Dallaire à l’accompagner sur les lieux d’activités de maintien de la paix dans l’est de l’Afrique en août, a affirmé que le gouvernement «accueillerait un débat sain». Mais le ministre ne s’est pas avancé sur la possibilité d’un vote.

«Nous comprenons tout à fait la complexité des opérations de maintien de la paix, mais nous ne pouvons pas être une île de stabilité dans un océan de crises. Le Canada doit faire sa part», a dit le ministre.

«Nous allons travailler en profondeur avant de rassembler tous les faits et avant d’avoir un débat en profondeur sur la question», a-t-il ajouté.

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