TORONTO — L’entente de dernière minute conclue entre General Motors et le syndicat Unifor prévoit le transfert d’emplois actuellement au Mexique vers l’usine du constructeur automobile à St. Catharines, en Ontario.

L’ampleur de ces transferts n’a cependant pas été précisée, a indiqué, tôt mardi, le président d’Unifor, Jerry Dias, tout en se réjouissant de ce renversement de tendance.

«D’après mes souvenirs, je crois bien que c’est la première fois qu’il y a une migration de production du Mexique vers le Canada», a noté M. Dias. «Dieu sait que nous avons vu cela se produire assez souvent dans l’autre direction.»

En s’entendant sur un accord de principe en pleine nuit, Unifor et General Motors du Canada ont évité le déclenchement d’une grève qui aurait pu avoir lieu dès lundi soir, à 23 h 59.

L’entente de quatre ans, qui couvre environ 4000 travailleurs du secteur automobile en Ontario, comprend des augmentations de salaire, des primes à la signature et des paiements forfaitaires.

Pour M. Dias, le principal objectif du syndicat dans les négociations était de «trouver un produit pour (l’usine d’)Oshawa et raffermir l’empreinte des activités de St. Catharines».

«Nous avons fini par conclure une entente parce que les deux parties comprenaient bien que c’était le prix du café.»

Certains s’inquiétaient de la possibilité de voir l’usine d’Oshawa fermer ses portes en 2019, mais M. Dias a expliqué que le contrat garantissait un engagement d’une valeur de centaines de millions de dollars de l’entreprise.

«Notre crainte d’une fermeture en 2019 est maintenant terminée», a-t-il affirmé. «Les installations ont manifestement un avenir brillant.»

M. Dias n’a pas divulgué quel modèle de véhicule serait ensuite construit à l’usine Oshawa, mais il a précisé qu’elle deviendrait «la première et la seule usine en Amérique du Nord qui pourra construire tant des voitures que des camions». Il a en outre précisé que des embauches auraient lieu à court et à long terme, notamment avec le transfert d’activités mexicaines.

L’entente de principe comprend aussi des garanties d’investissements pour le centre de distribution de pièces de GM à Woodstock, en Ontario.

Le seul élément négatif de l’accord, a poursuivi le président du syndicat, est la mise en place d’un régime de retraite à cotisations déterminées pour toutes les nouvelles embauches.

GM Canada a indiqué dans un bref communiqué qu’elle «travaillerait avec le gouvernement à propos d’un possible appui », sans offrir plus de détails.

Le constructeur a affirmé que l’entente comprenait «des investissements significatifs pour les produits, la technologie et les processus», et que davantage de détails seraient dévoilés à la suite du vote de ratification, qui aura lieu dimanche pour les trois sites ontariens.

Unifor, qui représente environ 23 000 travailleurs du secteur automobile au Canada, avait choisi General Motors comme «compagnie cible» pour amorcer sa nouvelle ronde de négociations avec les trois grands constructeurs automobiles de Detroit.

Le syndicat espérait que l’entente avec GM pourrait ensuite servir de modèle dans le cadre des pourparlers avec les deux autres constructeurs, Ford et Fiat Chrysler. Il n’a pas indiqué quel constructeur serait choisi pour la prochaine ronde.

Les membres du syndicat d’Oshawa avaient donné le mois dernier à leur exécutif un mandat de grève, qui pourrait être déclenchée dès lundi à 23 h 59.

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