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QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard a perdu son directeur des enjeux spéciaux et des stratégies, Yan Plante, forcé de démissionner jeudi, en raison d’allégations de vol de documents à la Coalition avenir Québec (CAQ), son ancien employeur.

Dans une déclaration écrite transmise aux médias jeudi matin, M. Plante nie les allégations proférées par la CAQ et soutient qu’il va défendre son intégrité.

Il fait l’objet d’une mise en demeure expédiée mercredi par son ancienne formation politique, qui envisage même de porter plainte à la police en vue de porter des accusations criminelles contre lui.

M. Plante, qui était au cabinet du chef caquiste François Legault jusqu’à tout récemment avant de passer au cabinet du premier ministre Couillard en août dernier, dit vouloir répliquer aux accusations de la CAQ.

Cette dernière soutient qu’au moment de son départ M. Plante a subtilisé de nombreux documents confidentiels et stratégiques du parti, au profit des libéraux. Il aurait transféré ces documents par voie électronique de son adresse courriel professionnelle à son adresse personnelle.

«Au cours des derniers jours, de fausses allégations et des propos mensongers circulent à mon sujet de la part de mon ancien employeur, la CAQ. J’ai pris la décision de me retirer de mes fonctions afin de consacrer toutes mes énergies à défendre ma réputation et mon intégrité. Dans les meilleurs délais, je répondrai à la mise en demeure de la CAQ par l’entremise de mes avocats», écrit-il dans sa brève déclaration écrite, transmise sous forme de communiqué en provenance du cabinet du premier ministre.

La déclaration du conseiller présente les faits comme une démission et non un renvoi.

Devant les journalistes et en Chambre, le premier ministre Couillard, qui avait affirmé la veille que M. Plante n’avait rien à se reprocher, n’a fait aucun commentaire jeudi.

La CAQ, qui réclamait au premier ministre de renvoyer le transfuge, n’est toujours pas satisfaite, et réclame aussi le renvoi du directeur de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, tenant pour acquis qu’il savait que M. Plante était en possession de documents stratégiques subtilisés au parti de François Legault.

En point de presse, le porte-parole caquiste, le député de Borduas, Simon Jolin-Barrette, a dit estimer que le premier ministre devait «retirer sa confiance de son chef de cabinet parce que c’est un manque d’intégrité et de loyauté de tolérer ce genre de situations là à l’intérieur du cabinet, d’autant plus que, le 14 septembre dernier, le bureau du premier ministre avait affirmé avoir fait toutes les vérifications requises à propos de M. Plante».

Tout comme M. Plante, M. Dufresne fait l’objet d’une mise en demeure de la CAQ qui vient à échéance ce vendredi à 17 heures.

La mise en demeure somme les deux hommes de produire une déclaration assermentée indiquant dans le détail quel usage avait été fait par le cabinet du premier ministre des documents en question et assurant qu’ils avaient été détruits.

Parmi ces documents, une dizaine au total, figurent la planification parlementaire et électorale de la CAQ, incluant le plan de match de l’élection complémentaire à venir dans la circonscription de Saint-Jérôme, ainsi que des documents d’information financière du parti.

La direction de la CAQ a rencontré des agents de la Sûreté du Québec à deux reprises en relation avec cette affaire et d’autres rencontres sont prévues dans les prochains jours avec la SQ pour examiner les recours possibles contre MM. Plante et Dufresne, a indiqué M. Jolin-Barrette.

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