OTTAWA — Deux grands défenseurs des droits des Autochtones au pays soutiennent que le nouveau mécanisme de nomination des juges à la Cour suprême du Canada est injuste pour les candidats des Premières Nations à cause de l’exigence de «bilinguisme officiel».

Le sénateur Murray Sinclair, qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada, et Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, estiment tous deux qu’il serait grandement temps de nommer un juge autochtone au plus haut tribunal du pays, et que le gouvernement devrait en faire sa priorité.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, le chef Bellegarde soutient que plusieurs Autochtones parlent déjà leur propre langue, et estime que le bilinguisme officiel français-anglais ne devrait pas constituer une barrière pour eux.

Murray Sinclair, premier Autochtone nommé juge au Manitoba, rappelle de son côté que les juges qui siègent actuellement à la Cour suprême du Canada ne sont pas tous bilingues et qu’on ne l’a pas exigé lors de leur nomination.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé en août un nouveau mécanisme de nomination des juges à la Cour suprême. Il a ainsi créé un comité consultatif chargé de dresser une brève liste de candidats parmi les juristes de grande stature, «effectivement bilingues» et représentant la diversité canadienne.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, première Autochtone à occuper ce poste, a expliqué que son gouvernement souhaitait nommer des juges «effectivement bilingues» afin que la Cour suprême puisse refléter «le caractère bilingue du pays».

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