Archives Métro Le ministre Pierre Arcand, comme d’autres élus municipaux et provinciaux, a assisté à une soirée organisée par TransCanada sur le projet Énergie Est.

QUÉBEC — Les libéraux et les caquistes ont voté jeudi contre une motion par laquelle d’une seule voix l’Assemblée nationale aurait signifié son opposition au projet de pipeline Énergie Est de la société TransCanada.

Le Parti québécois, qui présentait la motion, a voté en faveur, avec les trois élus de Québec solidaire, mais elle a été battue à 82 contre 29.

La motion déposée par le député de Sanguinet, Alain Therrien, se lisait simplement comme suit: «Que l’Assemblée nationale se prononce contre le projet d’Énergie Est».

L’opposition péquiste soutient que la majorité au Québec est contre le projet et que le gouvernement Couillard ainsi que la CAQ «ne sont pas en phase avec la population».

«L’Assemblée nationale aurait dû se prononcer d’une voix forte et unie contre le projet Énergie Est de TransCanada, a déploré la députée Manon Massé, de QS, jeudi. C’est ce que la population veut, mais malheureusement nous savons maintenant que le Parti libéral ne protégera pas le Québec face à Ottawa.»

«Le pétrole qui passera dans ces tuyaux sera un pétrole sale, à peu près celui le plus sale au monde, celui qui a une empreinte environnementale la plus noire», a fait valoir Alain Therrien au cours du débat en Chambre, en rappelant l’opposition des écologistes, des agriculteurs et de plusieurs municipalités au projet.

Il a aussi déploré que les retombées au Québec se limiteraient à 33 emplois après la construction de l’ouvrage.

Pour sa part, le gouvernement a fait valoir qu’il serait prématuré de se prononcer maintenant. Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a dit qu’il fallait attendre le résultat des études et des processus de consultations, comme le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et les audiences de l’Office national de l’énergie (ONÉ), un organisme fédéral.

«Comment peut-on débattre aujourd’hui de cet enjeu, alors qu’on n’a pas toutes les études, alors qu’on n’a même pas eu un BAPE?» a-t-il déclaré durant le débat, en rappelant que le BAPE doit entreprendre ses travaux dans les prochaines semaines.

«C’est un projet qui est complexe et qui implique des enjeux extrêmement importants. (…) On peut dire oui ou on peut dire non. Si on dit oui, est-ce qu’on est sûrs que ce projet-là peut être bon pour le Québec? La réponse n’est pas évidente à ce stade-ci.»

M. Arcand a rappelé que l’évaluation des retombées avait été confiée au ministère des Finances. Toutefois il a aussi fait valoir que les municipalités traversées par l’ouvrage allaient encaisser des taxes foncières, qu’Hydro-Québec allait tirer des revenus aussi, et que TransCanada avait promis un siège social à Montréal.

«Donc, il y en a, des retombées économiques. La question n’est pas de savoir s’il y en a. La question, c’est de savoir: est-ce qu’il y en a assez?» a dit le ministre.

Le projet Énergie Est doit acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers une raffinerie du Nouveau-Brunswick en passant notamment par le Québec. Sa capacité serait de 1,1 million de barils par jour. Le tronçon québécois serait d’une longueur de 649 km et traverserait une trentaine de cours d’eau. Des canalisations latérales approvisionneraient les raffineries de Suncor à Montréal et de Valero à Lévis.

Aussi dans National :

blog comments powered by Disqus