MONTRÉAL — Aucune accusation ne sera déposée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) contre l’inspecteur-chef Costa Labos du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

La décision a été communiquée vendredi matin par le directeur du SPVM, Philippe Pichet, en point de presse.

«La conclusion est claire, simple et sans équivoque, a énoncé celui-ci. Il n’y aura pas d’accusations criminelles.»

M. Pichet s’est félicité que cette conclusion «donne aussi raison au SPVM» dans sa gestion et par ailleurs à lui-même, car il indique avoir pris des décisions basées sur les faits, «sans céder aux perceptions ni aux pressions qui étaient dans l’air». Il fait ainsi référence notamment à la Fraternité des policiers qui avait demandé que l’inspecteur soit «déplacé» pendant l’enquête criminelle puisqu’il n’avait plus la crédibilité nécessaire à ses fonctions.

Le directeur a d’ailleurs déploré «l’attitude mal intentionnée» de la Fraternité des policiers «qui a choisi de s’en prendre au SPVM, de mettre en doute mon jugement et de réclamer le déplacement de l’inspecteur-chef Labos malgré le fait que ceux-ci ne connaissaient pas tous les aspects de cette affaire».

M. Pichet a réitéré vendredi sa confiance envers M. Labos. Celui-ci n’avait pas été suspendu et est demeuré en fonction durant l’enquête. Il occupe actuellement le même poste, soit de directeur des affaires internes du SPVM qui mène des enquêtes sur des policiers du service.

Questionné à savoir si les policiers auront eux aussi confiance en M. Labos, il a répondu qu’«il faut qu’ils aient confiance».

L’enquête criminelle sur M. Labos a été déclenchée après des allégations selon lesquelles il aurait menti à un juge afin d’être autorisé à faire une perquisition dans la résidence d’un policier, Roger Larivière, qu’il soupçonnait d’avoir transmis des documents confidentiels à un journaliste. Ce dernier aurait été vu par des collègues policiers alors qu’il mangeait dans un restaurant avec un journaliste.

Le SPVM aurait fait suivre le policier Roger Larivière, maintenant retraité, et demandé à un juge de pouvoir perquisitionner son domicile.

C’est dans le but d’obtenir ce mandat de perquisition que M. Labos aurait menti. Selon les allégations, il aurait affirmé au juge que le policier avait consulté, et possiblement transmis, des documents secrets sans autorisation. Vendredi, M. Pichet a indiqué que l’enquête a déterminé qu’il n’avait pas menti. Ce sont les enquêteurs qui signent les déclarations sous serment pour les fins des mandats de perquisition et non les inspecteurs, a-t-il précisé.

C’est le policier Larivière qui avait porté plainte contre M. Labos.

«M. Labos occupe le poste le plus impopulaire dans un service de police», a dit M. Pichet. Il a mené beaucoup d’enquêtes et «peut-être que ça fait en sorte aujourd’hui que des individus puissent lui en vouloir». Mais il précise ne pas connaître les motivations derrières les allégations portées contre son inspecteur-chef.

C’est la Sûreté du Québec qui a été chargée d’enquêter sur M. Labos et qui a transmis son rapport au DPCP.

Le directeur de la police montréalaise a rappelé que le SPVM est actuellement dans un contexte difficile en raison des négociations en cours pour la convention collective.

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