AP Justin Trudeau et Li Keqiang

MONTRÉAL — Réclamant un «nouvel âge d’or» pour le Canada et la Chine, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a déclaré, vendredi qu’il voulait revenir à l’époque où Pékin avait de meilleures relations avec Ottawa qu’avec le reste de l’Occident.

Les échanges commerciaux entre les deux nations devraient plus que doubler au cours des 10 prochaines années, a poursuivi M. Li dans le cadre d’une allocution prononcée devant plusieurs centaines de personnes rassemblées à Montréal à l’occasion d’un dîner officiel organisé par le Conseil d’affaires Canada-Chine.

En présence du premier ministre Justin Trudeau, M. Li a évoqué le souvenir du chirurgien Norman Bethune, un Canadien communiste considéré comme un héros en Chine, pour illustrer les solides liens historiques unissant les deux pays.

Né en Ontario en 1890, le Dr Bethune est reconnu pour avoir fait entrer la médecine moderne occidentale en Chine alors que cette dernière était en guerre avec le Japon dans les années 1930. Mao Zedong a même écrit un essai en son honneur.

«Alors que la Chine traversait une période particulièrement difficile, le Dr Bethune a soutenu le peuple chinois de manière désintéressée», a affirmé M. Li.

Le premier ministre chinois a également souligné que le Canada n’avait pas hésité à vendre du blé à son pays alors que celui-ci se remettait d’une famine dans les années 1960.

«Le Canada a pris les devants et a brisé l’embargo contre la Chine», a-t-il indiqué.

M. Li a enchaîné en disant à l’auditoire qu’il fallait retourner à l’époque où la Chine entretenait de meilleures relations avec le Canada qu’avec la plupart des autres pays occidentaux. Il a aussi réclamé un «nouvel âge d’or» entre les deux nations.

L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, qui a assisté au discours du premier ministre chinois, a déclaré devant les journalistes qu’il était «abasourdi» de voir à quelle rapidité le Canada et la Chine adoptaient des mesures pour améliorer leurs relations.

Il a estimé que Pékin souhaitait développer ses relations avec Ottawa en raison de ce qui se passait aux États-Unis.

Le candidat républicain à la présidentielle américaine, Donald Trump, s’en est souvent pris à la Chine depuis le début de la campagne, l’accusant de dévaluer sa monnaie et «d’arnaquer» les Américains par le biais d’ententes douteuses. Hillary Clinton, la candidate démocrate, ne serait, pour sa part, pas très aimée en Chine à cause de ses remarques au sujet des droits de la personne et de sa position par rapport à la dispute en mer de Chine méridionale.

Selon M. Charest, peu importe qui remporte la course à la Maison-Blanche en novembre, il est presque certain que les relations entre Washington et Pékin seront plus difficiles au lendemain du vote qu’elles ne le sont présentement.

La visite de trois jours au Canada de Li Keqiang survient quelques semaines après que Justin Trudeau eut séjourné en Chine.

Jeudi à Ottawa, M. Trudeau avait révélé que les deux pays avaient lancé des pourparlers concernant un possible accord de libre-échange.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a lui aussi eu droit à une rencontre officielle avec son homologue chinois, vendredi après-midi.

Dans un hôtel du centre-ville de Montréal, les deux dirigeants ont visité une exposition portant sur l’implantation de la communauté chinoise dans la province.

MM. Li et Couillard se sont ensuite installés pour leur rencontre officielle, à laquelle ont participé notamment le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, le président et chef de la direction d’Hydro-Québec, Éric Martel, ainsi que les ministres Christine St-Pierre, Carlos Leitao et Dominique Anglade.

Devant les journalistes, M. Couillard a déclaré que cette visite du dirigeant chinois se faisait «sous le signe de l’amitié et de la collaboration déjà ancienne entre le Canada et la Chine».

Aussi dans National :

blog comments powered by Disqus