Photo: Gracieuseté Sarah Eid et ses parents.

Un couple longueuillois de l’arrondissement de Saint-Hubert et leurs deux enfants, qui rendaient visite à de la famille, sont coincés à Gaza depuis plus de deux mois maintenant. Les frontières de la ville palestinienne ont été fermées une journée après leur arrivée en juin et depuis, la famille tente tant bien que mal de rentrer au pays.

Après avoir quitté le Canada le 27 juin, Hadi Eid, sa femme et ses deux enfants ont appris que les frontières de la bande de Gaza avaient été fermées. Un mois plus tard, la famille, qui détient une double citoyenneté – canadienne et palestinienne – a demandé l’aide de l’ambassade canadienne à Tel-Aviv, en Israël, pour l’aider à sortir de Gaza. Pour le moment, rien n’a pu être fait, même si la famille effectue un suivi régulier.

«On a quitté le Canada vers Gaza pour visiter ma mère et pour que mes enfants puissent voir leur grand-mère, explique le père de famille. Depuis que nous avons fait la demande auprès de l’ambassade, aucun responsable du gouvernement n’est entré en contact avec nous,  mis à part le représentant du bureau canadien auprès de l’autorité palestinienne, qui nous a contactés brièvement deux fois pour poser la question:  »Are you OK? ». L’ambassade nous a indiqué qu’il faut attendre plus de temps afin d’avoir l’accord des autorités israéliennes pour que nous puissions passer par Israël.»

M. Eid est aussi entré en contact avec l’ambassade canadienne en Égypte, mais n’a reçu aucune réponse.

Au ministère canadien des Affaires mondiales, la porte-parole Kristine Racicot a mentionné que le Canada est en communication avec la famille Eid et qu’il «leur offre toute l’information nécessaire pour pouvoir quitter la région».

«Le Canada offre toujours un maximum d’appui aux ressortissants canadiens à l’étranger. Il est cependant important de rappeler que le Canada demande à ses citoyens de ne pas se rendre à Gaza en raison de la situation en matière de sécurité et en raison de la difficulté pour le Canada d’aider ses citoyens qui veulent quitter la région», a ajouté Mme Racicot, rappelant que cet avis est en vigueur depuis le début des années 2000.

Inquiétudes
En plus de voir leur sécurité menacée à Gaza, les parents s’inquiètent de l’année scolaire de leurs enfants, qui pourrait être compromise. Déjà, plus d’un mois s’est écoulé depuis la rentrée des classes.

Sarah, 10 ans, fréquente l’école primaire Charles-Lemoyne, et Bashar, 16 ans, devrait terminer ses études secondaires cette année à l’école André-Laurendeau.

 «Nous ne sommes pas en sécurité ici! On se déplace rarement pour éviter tous les imprévus. Les écoles de mes enfants sont au courant de notre situation depuis le début de septembre; le retour et l’intégration ne seront pas faciles, mentionne M. Eid. Du moins, mon fils est en contact direct avec ses enseignants. Par exemple, son enseignant de chimie lui envoie régulièrement des matières à lire pour faciliter son intégration à son retour.»

«Mes enfants s’inquiètent beaucoup et ont hâte de retourner à Saint-Hubert pour aller à l’école et voir leurs amis. Ils sont psychologiquement affectés par cette situation», poursuit M. Eid.

Quelques jours avant le début des classes, Sarah Eid a même mis en ligne une vidéo dans laquelle elle interpellait le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, quant à la situation de sa famille.

«Les frontières sont fermées depuis plus d’un mois et je dois retourner au Canada. Je suis coincée avec ma famille à Gaza et on demande votre aide, M. Trudeau», lançait la jeune fille.

Et les parents?
Même si l’employeur de M. Eid comprend sa situation, ce dernier vit des moments d’angoisse. À l’emploi de l’Institut de la statistique du Québec, il a dû prendre un congé sans solde depuis la fin de ses vacances en août.

Mis au fait de ce dossier, le député néo-démocrate de Longueuil–Saint-Hubert, Pierre Nantel, a affirmé au Courrier du Sud qu’il s’agissait de sa priorité et qu’il effectuait un suivi régulier auprès du gouvernement. Lors de la diffusion de la vidéo, M. Nantel a rapidement porté l’histoire de la famille Eid à l’attention du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, via Twitter.

«Pour le moment, nous avons eu une belle collaboration avec les autorités étrangères. Ça semble vouloir se régler, mais nous ne voulons pas crier victoire trop vite. Nous sommes en contact régulier avec la famille», a-t-il mentionné.

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