Seuls 5% des intervenants des centres jeunesse estiment être en mesure de répondre adéquatement aux besoins des jeunes, selon un sondage réalisé par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) auprès de 2000 de ses membres et rendu public dimanche.

«Les centres jeunesse sont pleins de jeunes qui ont besoin d’aide, mais on est contraint de gérer seulement les crises, de s’occuper de celui qui va le moins bien parce qu’il faut prioriser, a déploré Julie Perron Hamilton, présidente du syndicat des employés du centre jeunesse de Laval. À long terme, on ne leur donne pas tous les outils nécessaires pour devenir des adultes responsables.»

Environ 71% des 2000 répondants, soit des agents de relations humaines et des éducateurs, rejettent notamment la faute sur le temps excessif qu’ils doivent accorder à certaines tâches. La réduction du personnel administratif, ces dernières années, notamment en raison des compressions de 20 M$ survenues l’an dernier, a entraîné le transfert de nombreuses tâches à des employés dont le rôle est d’abord d’intervenir auprès des jeunes.

«Réserver des locaux, faire du transport d’enfants, organiser les rencontres, commander la nourriture, les draps et les sous-vêtements – toutes ces choses n’étaient pas faites auparavant par les intervenants, qui étaient en contact direct avec les jeunes pour les aider», a énuméré Mme Hamilton. On leur demande également de rentrer davantage de comptes-rendus de rencontres cliniques dans le système informatique.

D’autres problématiques relevées dans le sondage sont le taux de roulement du personnel et les absences pour maladie, ce qui serait néfaste pour les jeunes, qui ont de la difficulté à faire confiance à des intervenants qu’ils connaissent mal.

Dans ce contexte, la CSN réclame un réinvestissement dans les centres jeunesse et des états généraux sur la situation.

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a indiqué par courriel qu’elle était bien au fait des préoccupations des représentants syndicaux, qu’elle a entendu il y a quelques jours dans le cadre des consultations sur le projet de loi visant à modifier la Loi sur la protection de la jeunesse. «Nous partageons l’objectif de réduire la bureaucratie afin de maximiser les services. Nous avons d’ailleurs déjà entrepris plusieurs actions en ce sens», a-t-elle affirmé. Il n’a pas été possible de savoir quelles étaient les actions en question.

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