GirlTalk HQ

Pour sensibiliser la population à la «taxe rose», le média GirlTalk HQ a conduit une expérience dans un café de Toronto. Les consommatrices qui y passaient ce jour-là devaient payer davantage que les hommes pour une même boisson.

GirlTalk HQ a diffusé lundi sur Youtube une vidéo dans laquelle on voit des réactions à cette expérience, au cours de laquelle, par exemple, les femmes devaient payer 3,50$ au lieu de 2$ (le prix pour les hommes) pour un petit café filtre.

Les réactions captées sont souvent celles de clients et clientes stupéfaits. «C’est stupide». «Je vais prendre le prix pour hommes». «Vous pouvez allez vous faire foutre». «Vous venez de perdre une cliente régulière» «Les femmes gagnent moins que les hommes, pourquoi devrions-nous payer plus?». Les gens dans la vidéo ne sont pas des acteurs, confirme Asha Dahya, créatrice et éditrice en chef de GirlTalk HQ. «Nous nous sommes aperçus que les gens sont outrés quand ils sont confrontés à la réalité de cette discrimination dans les prix, analyse-t-elle. Peu de gens sont au courant de la “taxe rose”, alors c’était notre façon de l’expliquer, en suscitant des réactions».

«Plus nous en parlons, plus nous pouvons changer les choses» – Asha Dahya, créatrice et éditrice en chef de GirlTalk HQ

La «taxe rose» est un concept qui rend compte de la différence des prix entre les produits destinés aux femmes (comme les vêtements ou les produits de soins personnels) et ceux destinés aux hommes. Les produits destinés aux femmes seraient plus chers que les produits pour les hommes.

Selon Mme Dahya, l’inspiration pour produire cette vidéo vient d’un désir de mettre fin à une culture de discrimination qui permet aux compagnies de facturer davantage aux femmes pour certains produits de tous les jours. Bien que GirlTalk HQ soit basé à Los Angeles, aux États-Unis, c’est au Canada qu’il était pertinent de commencer cette campagne. «La raison est simple. C’est Justin Trudeau. Quand nous avons vu que le Canada avait abolit la “taxe tampon” en juillet 2015, que le cabinet Trudeau était paritaire, qu’il se décrivait comme féministe… Nous savions que nous devions commencer au Canada», confie Mme Dahya.

L’organisation a donc trouvé dans la capitale ontarienne un café qui était sensible à la cause, et qui voulait faire la vidéo «pour montrer aux gens à quel point la “taxe rose” est ridicule, une fois qu’ils en sont conscients», affirme Mme Dahya.

«Bien que certaines personnes affirment que la taxe rose n’existe pas, plusieurs femmes et plusieurs hommes discutent de cette réalité. Plus nous en parlons, plus nous pouvons changer les choses», croit Mme Dahya.

Une étude de la Ville de New York, publiée l’an dernier, reconnaît l’existence du phénomène de la «taxe rose», exposant qu’en moyenne, les consommatrices paient leurs produits 7% plus chers que les hommes. Toutefois, une autre étude menée par le gouvernement de France, aussi en 2015, n’a pas conclu à l’existence d’une telle «taxe».

 

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