Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Bob Paulson a présenté ses excuses aux centaines d’employées et agentes du corps policier, actuelles et passées, pour de présumés incidents d’intimidation, de discrimination et de harcèlement.

M. Paulson s’est excusé au moment où il annonçait, jeudi, une entente majeure de 100 millions $ conclue dans deux dossiers d’action collective liés à des allégations de harcèlement, incidents qui remonteraient aussi loin que septembre 1974.

«À toutes les femmes touchées par l’inaptitude de la GRC à assurer des conditions de travail exemptes de harcèlement et de discrimination; au nom de tous nos dirigeants, superviseurs et gestionnaires, et de tous les commissaires: c’est humblement et solennellement que je vous présente aujourd’hui nos excuses les plus sincères», a-t-il déclaré avec émotion lors d’une conférence de presse, à Ottawa.

«Vous êtes venues à la GRC avec le désir de contribuer à la collectivité et nous vous avons trahies. Nous vous avons porté préjudice. J’en suis profondément désolé.»

Le commissaire a indiqué que l’entente incluait un dédommagement pour les femmes et pavait la voie à la suspension d’éventuelles actions collectives intentées par Janet Merlo et Linda Gillis Davidson, deux ex-membres de la GRC.

Il a précisé que le gouvernement avait fourni un total de 100 millions $ pour couvrir les coûts de ces indemnisations.

M. Paulson était d’ailleurs entouré de ces deux femmes lors de la conférence de presse, ainsi que du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale et de la ministre du Travail MaryAnn Mihychuk.

«Les répercussions sur les victimes de cette conduite honteuse ne sauraient être interprétées dans la seule perspective de conditions de travail néfastes justifiant une indemnisation», a ajouté M. Paulson.

«Pour un grand nombre de ces femmes, le harcèlement a causé des blessures psychologiques, mais aussi physiques. Il a détruit des relations et des mariages, voire des familles entières. C’est la vie même des membres qui a été profondément bouleversée.»

Mme Merlo a pris la parole après M. Paulson, déclarant qu’il s’agissait «d’un grand jour pour la GRC» et remerciant le commissaire au nom des autres femmes représentées dans les actions collectives.

«Elles souhaitaient simplement un lieu de travail meilleur, a-t-elle souligné. Pour elles, je suis très reconnaissante que ce jour soit enfin arrivé.»

«J’aime mon drapeau, j’aime mon pays et j’aimais mon travail. Je l’ai quitté beaucoup trop tôt», a ajouté Mme Davidson, qui a également remercié le commissaire.

«Je resterai toujours debout pour corriger les erreurs, lorsque je le pourrai. Nous sommes, nous avons été et nous serons toujours votre plus grand atout.»

Des centaines d’agentes et de civiles travaillant ou ayant travaillé pour la GRC ont dit avoir été victimes de harcèlement, d’intimidation et d’agressions datant d’aussi loin que du moment où les femmes ont eu droit de joindre le corps policier.

Cette entente devrait marquer le début de la fin d’un épisode difficile de l’histoire de la GRC.

«L’annonce faite aujourd’hui (…) tourne la page sur une période profondément troublante et regrettable de l’histoire de notre service de police nationale», a déclaré le ministre Goodale.

«C’est un moment encourageant qui témoigne de la volonté des parties à avancer de façon positive et constructive – dès maintenant.»

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