SAINT-JEAN, N.-B. — Des retraités américains, généralement en provenance du sud des États-Unis, sont nombreux à tenter de traverser la frontière canadienne, au Nouveau-Brunswick, avec des armes à feu, selon des procureurs fédéraux. Depuis le mois de juin, des incidents du genre se seraient produits au moins une fois par semaine.

Cette semaine, le procureur fédéral Peter Thorn a raconté en Cour provinciale, mercredi, que l’histoire s’était répétée deux fois plutôt qu’une, lundi.

Robert Ted Yarberry, de l’Arkansas, et David Thomas Falvey, de la Floride, sont arrivés à la frontière, séparément, à quelques heures d’intervalle.

Les deux hommes dans la mi-soixantaine étaient des touristes voyageant avec leur femme. Ils ont tous deux dit aux agents frontaliers qu’ils ne transportaient pas d’armes prohibées.

M. Yarberry, un enseignant et inspecteur d’habitations à la retraite, a dit à l’agent frontalier qu’il avait laissé son arme à son hôtel de Calais, dans le Maine, pour aller passer une journée au Nouveau-Brunswick. Une fouille de son véhicule a cependant permis aux agents de trouver un pistolet Glock dans un étui, sous son siège.

M. Falvey est arrivé quelques heures plus tard et a aussi nié qu’il transportait des armes dans son motorisé. Lors d’une inspection secondaire, un agent a cependant trouvé cinq flacons de gaz poivré, quatre matraques électroniques et une arme de poing sous le lit. Lorsqu’on lui a parlé de l’arme à feu, M. Falvey a demandé si c’était celle qu’il avait sous son évier, de sorte que les agents ont aussi trouvé et saisi ce fusil.

Les deux hommes ont plaidé coupable à des accusations d’avoir omis de déclarer des armes et d’avoir fait de fausses déclarations.

Faire passer le message

Me Thorn a expliqué au juge Alfred Brien que depuis le mois de juin, environ un Américain par semaine a été traduit devant les tribunaux au Nouveau-Brunswick pour avoir transporté des armes à feu au nord de la frontière et avoir tenté de les cacher aux douaniers.

Le juge a dit aux accusés qu’ils devraient avertir leurs amis de retour chez eux.

«Vous voyagez dans un autre pays, vous devez connaître les lois de ce pays», a déclaré le juge Brien, selon un article du Telegraph-Journal.

«Le message doit passer.»

M. Falvey a reçu une amende de 2300 $ en plus d’une sanction civile de 6500 $, tandis que M. Yarberry s’est vu imposer une amende de 2000 $ et une sanction civile de 1000 $. Ils ont tous les deux été déportés, selon Peter Thorn.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) affirme que de telles saisies sont fréquentes. L’an dernier, l’ASFC a saisi sept armes à feu à deux postes frontaliers de Saint-Stephen, au Nouveau-Brunswick. À l’échelle nationale, l’agence a saisi l’an dernier 671 armes à feu, dont 313 armes prohibées au Canada, majoritairement en Ontario et en Colombie-Britannique.

La majorité des gens reçoivent une amende variant entre 1500 et 2000 $ et font face à une sanction civile pour le retour de leur véhicule. Ils doivent également remettre leurs armes.

L’ASFC n’a pas voulu préciser si ses agents avaient plus de chances de procéder à une inspection secondaire lorsque des voyageurs viennent d’un État ayant des lois moins strictes sur les armes à feu.

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