ICI Radio-Canada Télé / Capture d'écran Philippe Couillard

REYKJAVIK, Islande — Si le prochain chef du Parti québécois (PQ) affirme qu’il ne tiendra pas de référendum sur la souveraineté dans un premier mandat, il ne faut pas le croire, estime le premier ministre Philippe Couillard.

À la première occasion, la tentation de déclencher un référendum demeurera bien réelle, en dépit des engagements contraires pris dans le passé par le chef souverainiste, selon M. Couillard, qui brandit le spectre de «la cage à homards» de Jacques Parizeau lors du référendum de 1995.

Lors d’un point de presse, vendredi matin, en marge de sa participation à la conférence Arctic Circle sur le développement des contrées nordiques, en Islande, le premier ministre s’est montré très sceptique, quelques heures avant de connaître l’issue du scrutin, devant les engagements pris à ce propos par les candidats à la direction du PQ.

Jean-François Lisée s’est pourtant engagé formellement à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat, s’il devient chef et premier ministre. L’autre meneur de la course à la succession de Pierre Karl Péladeau, Alexandre Cloutier, a promis de prendre position sur cette question six mois avant la tenue du scrutin, attendu en octobre 2018.

M. Couillard a dit ne pas craindre un regain soudain de popularité du PQ, au lendemain de l’élection, ou quelque lune de miel dont son gouvernement pourrait faire les frais, et ce, quel que soit le nom du nouveau chef.

Rien ne changera au plan de match du gouvernement, a-t-il assuré, disant ne jamais fonder son action politique sur la personnalité de ses adversaires.

Il dénonce particulièrement l’approche de Jean-François Lisée, qui a gagné en popularité en rejetant le scénario d’un référendum dans un premier mandat.

«On dit ça, pis un jour, si on a l’occasion d’en faire, on va en faire un pareil», a-t-il commenté.

«Personne ne le croira», selon lui.

M. Lisée serait selon lui partisan de la «bonne vieille méthode de son maître, monsieur Parizeau: le casier à homards», une soi-disant stratégie visant à favoriser l’accession du Québec à sa souveraineté.

Déjà, lors de la dernière campagne électorale, en 2014, M. Couillard avait brandi le spectre du retour de la «cage à homards», pour éloigner les électeurs de la chef péquiste Pauline Marois.

Mais que ce soit M. Lisée qui l’emporte ou M. Cloutier, voire Martine Ouellet ou Paul St-Pierre Plamondon, cela ne change rien à la suite des choses, à ses yeux.

«La personne qui dirige le PQ, ça n’a pas d’importance. Le problème du PQ, c’est son option. Ils ne sont pas capables de réaliser que leur option n’a plus d’avenir au Québec», selon lui.

«Tant qu’ils n’auront pas fait le constat objectif que leur option ne s’en va nulle part, ils n’iront pas plus loin, quelle que soit la personne qui les dirige», a-t-il ajouté.

Deux ans avant l’échéance électorale, dans une envolée partisane, M. Couillard annonce déjà la catastrophe, si le PQ prend le pouvoir: du jour au lendemain, «tous les investissements sont paralysés, toute l’incertitude s’installe, toute l’instabilité s’installe encore.»

Poisson

À l’Arctic Circle, M. Couillard était au nombre des conférenciers qui ont ouvert les travaux de la conférence internationale vendredi matin. Il a fait une brève allocution, en s’exprimant en termes généraux sur le Plan Nord, la stratégie maritime, le développement durable et la lutte aux changements climatiques, en mentionnant l’importance du marché du carbone.

Son allocution était bilingue, alternant du français à l’anglais.

En après-midi, en appui à sa stratégie maritime, il a visité un incubateur d’entreprises maritimes, l’Ocean Cluster House, qui regroupe une cinquantaine d’entreprises déterminées à exploiter toutes les possibilités commerciales du poisson, même les plus étonnantes: limonade pétillante au collagène de poisson, produits de beauté également à base de collagène de poisson, fabrication de vêtements ou de lampes en peau de poisson.

Le Québec pourrait donc s’inspirer de l’Islande pour ouvrir de nouveaux marchés au secteur des pêches, a-t-il indiqué, en mentionnant l’impact positif que cela pourrait avoir sur l’emploi en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord.

«Au lieu d’avoir des gens qui travaillent dans des usines de transformation pour une courte période, vous avez des gens qui peuvent travailler beaucoup plus longtemps», a-t-il noté.

M. Couillard était aussi présent à un atelier dirigé par l’Institut nordique du Québec, qui visait à permettre à plusieurs chercheurs québécois de faire le point sur l’impact des changements climatiques dans le nord du Québec et d’assurer un rayonnement international à leurs travaux.

L’Arctic Circle accueille jusqu’à samedi soir quelque 2000 personnes d’une cinquantaine de pays préoccupés par l’avenir des contrées nordiques, particulièrement sous l’angle de la lutte aux changements climatiques.

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