MONTRÉAL — Les négociations vont «vraiment mal» entre les travailleurs du préhospitalier syndiqués à la FTQ et les corporations ambulancières qui les emploient dans plusieurs régions du Québec.

Les représentants de ces quelque 1000 travailleurs du préhospitalier ont quitté la table de négociation, plus tôt cette semaine, en disant qu’ils ne reviendraient que lorsque les représentants des employeurs auraient des offres plus élaborées à présenter.

Leur syndicat, la Fraternité des travailleurs du préhospitalier, local 592 affilié à la FTQ, consulte présentement ses membres sur un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève, a indiqué au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne le président du syndicat, Benoît Cowell.

Toute grève est plutôt difficile à exercer, dans leur cas, puisqu’ils doivent assurer les services essentiels. Les moyens de pression sont donc plutôt administratifs et prendraient la forme, par exemple, de retard dans la facturation ou affecteraient le port de l’uniforme.

«On a plein de moyens; je ne rentrerai pas dans les détails. Mais ça ne touchera pas les services à la population. Nos gens sont des professionnels de la santé. Jamais la population ou un appel ne va être retardé à cause des moyens de pression. Les moyens de pression vont vraiment viser les entreprises privées pour les forcer à nous offrir un contrat sur cinq ans», a prévenu M. Cowell.

Les services ambulanciers se trouvent au coeur d’une autre réforme entreprise par le ministère de la Santé et des Services sociaux, ce qui engendre une période d’incertitude pour les entreprises ambulancières et pour les syndicats avec lesquels ils négocient le renouvellement des conventions collectives.

Placées elles-mêmes devant une situation incertaine à cause de la réforme, les entreprises ambulancières ont déposé des offres salariales pour les deux premières années de la convention collective — les mêmes offres que dans le secteur public — mais sont restées muettes pour les trois années suivantes, rapporte M. Cowell.

Du côté de la Corporation des services d’ambulance du Québec, qui représente une soixantaine d’entreprises, soit 95 pour cent des entreprises ambulancières à l’exception de Montréal et Laval, on comprend mal l’attitude de la FTQ.

«On ne comprend pas la FTQ qui a quitté la table, alors qu’on a tout simplement déposé nos premières propositions. Et on n’a même pas eu de contre-offre de leur part. On a de la misère à comprendre pourquoi ils ont quitté la table», a commenté Denis Perrault, directeur général de la Corporation.

Traditionnellement, le ministère participait à la négociation des conventions collectives, mais il a décidé que ce ne serait plus le cas désormais — au grand dam des syndicats, qui craignent de se retrouver avec des conditions différentes selon l’employeur ou la région.

Les entreprises ambulancières, qui étaient dans l’inconnu au cours des derniers mois, ont finalement pu savoir de combien d’argent elles disposeraient de la part du ministère de la Santé, ce qui leur a permis d’avancer dans la négociation avec les syndicats, a expliqué M. Perrault.

«Ça s’est réglé en partie. C’est pour ça que nous sommes en mesure de proposer au moins deux années immédiatement pour le volet financier. Nous sommes toujours en pourparlers pour les années suivantes pour essayer d’avoir minimalement les mêmes paramètres que le secteur public», a-t-il précisé.

La FTQ représente des travailleurs du préhospitalier en Montérégie, dans Lanaudière, à Trois-Rivières, dans le Centre-du-Québec, en Gaspésie et en Abitibi-Témiscamingue.

M. Perrault signale par ailleurs que les négociations vont mieux avec le secteur préhospitalier de la CSN, avec lequel des négociations ont toujours cours, contrairement à la FTQ.

L’information a d’ailleurs été confirmée à la CSN vendredi. Celle-ci représente quelque 3600 travailleurs dans ce secteur.

Les syndicats de la CSN disposent d’ailleurs déjà d’un mandat de moyens de pression, mais excluant la grève dans leur cas.

Les syndicats du préhospitalier de la CSN doivent se réunir les 19 et 20 octobre prochains pour faire le point sur leur négociation. Ils se pencheront alors sur un plan d’action pour la suite des choses.

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