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MONTRÉAL — À l’aube de l’ouverture du Sommet international des coopératives, l’ancienne présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, réitère qu’il n’y a aucune contradiction entre performance et coopération.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne en vue du troisième sommet qui se déroulera à Québec du 11 au 13 octobre, Mme Leroux rappelé que ces coopératives sont d’abord des entreprises — et non des organisations sans but lucratif — qui doivent afficher de bons résultats pour pouvoir aider leur communauté.

En général, ces entreprises ne reçoivent pas de subventions des gouvernements, alors elles doivent se débrouiller seules, a-t-elle fait remarquer.

Plusieurs coopératives ont passé à travers l’épreuve du temps parce qu’elles ont su assurer leur pérennité; elles arrivent à être «autonomes et solidaires», a-t-elle soutenu.

Monique Leroux, qui est maintenant présidente de l’Alliance coopérative internationale établie à Bruxelles, a indiqué que les coopératives représentaient une «force économique» considérable — c’est d’ailleurs pourquoi le sommet traitera du «pouvoir d’agir» de ces organisations, qui génèrent à elles seules des revenus de 3000 milliards $ US par année dans le monde.

L’idée d’accorder une importance particulière à la performance dans les coopératives ne fait visiblement pas l’unanimité. L’année dernière, l’ancien président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, a reproché à l’organisation d’avoir «perdu son âme» en se concentrant ainsi sur ses objectifs financiers.

Sans répondre directement à ces critiques, Mme Leroux a tenu à souligner que les décisions prises chez Desjardins étaient marquées par la continuité parce que ce n’est pas une seule personne qui tranche à chaque fois.

«Toutes les décisions de l’histoire de Desjardins, depuis Alphonse Desjardins jusqu’à aujourd’hui, ont toujours été le reflet de décisions collectives», a-t-elle affirmé.

Un président qui possède une entreprise peut choisir de faire un virage à 180 degrés sans consulter personne, mais dans le cas des coopératives, les décisions sont collectives, a-t-elle martelé.

«Desjardins a toujours suivi un fil conducteur. En autant que je suis concernée, la mission n’a pas changé, la vision n’a pas changé et les valeurs n’ont pas changé», a-t-elle ajouté.

La rencontre de trois jours à Québec donnera lieu à plusieurs discussions entre les 2500 participants de 103 pays, qui entendront 250 conférenciers et cinq experts en économie, dont le lauréat d’un prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.

Plusieurs enjeux, dont les inégalités, l’innovation et le développement durable, seront abordés et une déclaration sera finalisée afin de mettre en oeuvre les Objectifs de développement durable des Nations unies, que l’Alliance coopérative internationale s’est engagée à réaliser en juin dernier.

La déclaration sur les objectifs de 2030 devrait être déposée officiellement au mois de novembre, a indiqué Mme Leroux.

«Comment nos entreprises, qu’elles soient dans les pays développés ou émergents, peuvent-elles faire avancer l’agenda économique et social à la fois des pays et de l’ONU? C’est un peu ça l’esprit», a-t-elle précisé.

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