OTTAWA — La construction de nouveaux édifices d’ambassades sur la promenade Sussex, à Ottawa, est interdite par le gouvernement fédéral, indiquent des documents obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Cette mesure imposée par Ottawa fait suite à une évaluation de risques de la Gendarmerie royale canadienne (GRC), laquelle estime qu’il y a danger d’«incidents violents».

Les États-Unis, la France, le Koweït, l’Arabie saoudite et l’Afrique du Sud ont tous déjà leur ambassade sur la promenade Sussex.

La rue est célèbre pour héberger la résidence officielle du premier ministre, au 24, et celle du gouverneur général, Rideau Hall.

Justin Trudeau et sa famille habitent actuellement dans une maison sur le terrain de Rideau Hall puisque d’importantes rénovations doivent être faites au 24 Sussex, selon les autorités gouvernementales.

L’information recueillie par La Presse canadienne démontre que le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, est au courant de l’interdiction depuis janvier. Celui qui était son sous-ministre, Daniel Jean, l’a informé.

M. Jean est désormais conseiller du premier ministre en matière de sécurité.

«Une récente évaluation de risques de la GRC déconseille la construction de toute ambassade additionnelle sur la promenade Sussex», écrivait l’ancien sous-ministre dans la note qu’il adressait à M. Dion, ajoutant que toute demande de nouvelle construction d’édifices diplomatiques devait, par conséquent, être refusée.

Avant de bâtir ses installations officielles, les pays doivent d’abord obtenir l’autorisation du Canada pour acheter le terrain de l’emplacement choisi.

L’évaluation de la GRC a commencé à l’été 2015, à la demande d’Affaires mondiales Canada. Le ministère cherchait à savoir comment la sécurité des résidants du quartier pouvait être touchée par l’établissement de nouvelles ambassades sur les terrains vacants de la promenade Sussex.

La GRC a donc pris en compte tout risque potentiel «associé à des événements violents allant à l’encontre des intérêts du Canada et d’autres pays».

Les scénarios d’espionnage ou d’endommagement d’infrastructures essentielles —comme les réseaux électriques— ont toutefois été écartés de l’analyse. C’est ce que précise une lettre de la surintendante en chef de la GRC, Rosemary Abbruzzese, à l’intention du ministère.

Parmi les ambassades déjà existantes sur la promenade Sussex, seulement quelques édifices sont, à la connaissance d’Affaires mondiales Canada, situés sur des terrains à risque, a dit le porte-parole du ministère, Michael O’Shaughnessy.

Le bâtiment qui abritait autrefois le Pavillon Canada-Monde, au 50 Sussex, est du lot.

Les édifices diplomatiques aux abords de la rivière Rideau sont difficiles à sécuriser, a fait valoir un ancien agent de la GRC, Chris Mathers, étant donnée la zone d’escarpement entre la rue et le cours d’eau.

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