En tout, 26% des enfants arrivent à la maternelle avec des difficultés. Voilà le genre de données présentées lors de la consultation visant à améliorer le réseau de garderies au Québec. Voici quelques enjeux soulevés jusqu’ici par les experts consultés.

L’un des enjeux principaux de la consultation se résume presque en une seule donnée. En tout, 26% des enfants arrivent à la maternelle avec des difficultés cognitives, sociales et comportementales et chez la moitié d’entre eux, ces difficultés perdureront jusqu’en 4e année. «C’est préoccupant», a souligné mercredi Julie Poissant, chercheuse à l’Institut national de santé publique. Elle souligne que les difficultés ont plus tendance à s’estomper chez les enfants issus de milieux aisés, créant ainsi une forme d’iniquité.

Si le modèle québécois d’éducation à la petite enfance fait plutôt bonne figure, notamment en ayant permis à environ 50 000 femmes d’accéder au marché du travail, il reste de la place à l’amélioration.

«Le Québec figure en bonne position pour le taux d’utilisation du réseau, mais performe moins bien au niveau de la qualité du service, par rapport au reste du Canada et aux autres pays étudiés», a mentionné Kerry McCuaig du Atkinson Center, qui note que la moitié des 2,6G$ investis dans le réseau chaque année est dirigée vers le réseau de garderies commerciales subventionnées et à domicile, où le personnel est souvent moins qualifié.

Concernant les remèdes à apporter, les avis divergent parfois. Pierre Lefebvre, du Groupe de recherche sur le capital humain (UQAM) mentionne notamment l’importance de «réduire les ratios enfants/éducateurs qui sont les plus élevés au Canada».

Plusieurs intervenants, dont Philip Merrignan, professeur à l’UQAM se sont positionnés en faveur d’un ciblage prioritaire des enfants en grande vulnérabilité, «pour des raisons de rigueur budgétaire» et aussi parce que c’est vers cette clientèle que chaque dollar investi rapporte le plus en terme de réduction future des frais de santé et de justice. Un service de maternelle à 4 ans est déjà testé dans des quartiers défavorisés.

Selon l’économiste Pierre Fortin, le réseau de CPE fait mieux que s’autofinancer. En 2008, il avait mesuré que les coûts du système de garderies comparés aux bénéfices de l’explosion des femmes sur le marché du travail permettait de dégager des surplus de 900M$. Où sont-ils passés? se demande M. Fortin qui dénonce aussi les nouveaux avantages fiscaux offerts aux parents aisés ayant un enfant en garderie privée, alors que ces dernières sont moins efficaces que les CPE en matière de qualité des services offerts.

Les consultations d’experts continuent jeudi à Montréal. La tournée de consultation se déroulera ensuite dans 14 villes jusqu’au mois de décembre. Le rapport final sera présenté en mai 2017.

 

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