Collaboration spéciale La mine Canadian Malartic

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a rendu public jeudi son rapport d’enquête sur le projet d’agrandissement de la mine Canadian Malartic. Les commissaires jugent le projet acceptable, à condition que des modifications soient apportées au préalable.

«Les gens de Malartic doivent s’attendre à vivre des désagréments à cause de la proximité des travaux, mais la situation actuelle n’est pas soutenable, en particulier pour les résidents vivant le plus près des activités minières», mentionne-t-on dans le communiqué.

Le BAPE reconnaît que le projet contribuerait positivement à l’économie de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et note l’amélioration récente de la performance environnementale de la minière, mais souligne «que l’exploitant n’a pas été en mesure de démontrer qu’il peut opérer cette mine à ciel ouvert en milieu urbain en conformité avec les exigences légales qui lui sont imposées.»

«La situation actuelle n’est pas soutenable, en particulier pour les résidents vivant le plus près des activités minières» –Extrait du rapport du BAPE

En faveur d’une zone tampon

Maintes fois réclamée par des organismes lors des audiences, l’instauration d’une zone tampon dans la loi est également demandée par les commissaires du BAPE. «Une modification réglementaire ou administrative s’impose afin de remédier rapidement à la situation. Il en va d’une cohabitation harmonieuse et de l’acceptabilité sociale des projets miniers de cette nature par les communautés d’accueil», mentionne-t-on.

Cette proposition n’est pas demandée pour le projet d’agrandissement de Canadian Malartic, mais pour les projets futurs. Rappelons qu’il n’y a pas de distance minimale entre une mine et des résidences prévue dans la loi québécoise, comme c’est le cas dans plusieurs autres pays.

Plus de transparence

Le BAPE demande à Canadian Malartic de déposer au ministère de l’Environnement des «plans crédibles de gestion du bruit, des poussières et des sautages, ce qui pourrait inclure des arrêts plus fréquents d’équipement.» Les commissaires réclament aussi la révision du programme de suivi environnemental, de concert avec le ministère de la Santé.

«Le promoteur (la minière) doit faire preuve de plus d’ouverture et de transparence en s’engageant à rendre publics de façon continue des indicateurs de performances sociales et environnementales ainsi que tous les rapports de suivi qui lui seraient exigés par le gouvernement dans le cadre d’une éventuelle autorisation», suggère le BAPE.

Dans cette même lignée, un renforcement du Comité de suivi est demandé afin qu’il soit «fort, indépendant, compétent et au-dessus de la mêlée.» Un médiateur est également réclamé dans le cadre du recours collectif pour «parvenir à une entente qui leur soit mutuellement acceptable.»

Réaction de la minière

En réaction au rapport du BAPE, la minière Canadian Malartic reproche aux commissaires d’avoir «accordé une très grande importance à des éléments du passé et à de nombreuses opinions émises durant les audiences» et que ces «opinions ne reflètent pas le large consensus de la communauté», mentionne-t-on dans un communiqué de la compagnie.

Mine Canadian Malartic souligne que les performances environnementales se sont améliorées depuis deux ans. «La nouvelle approche d’exploitation a entraîné une augmentation importante des périodes de suspension de la production, passant de 8000 à 33 000 heures, contribuant à améliorer ses performances et le respect des normes», affirme la minière.

Il y aurait un fort consensus à Malartic démontré par l’adhésion au Guide de cohabitation depuis septembre dernier, selon la minière, bien que «MCN reconnaît que l’unanimité n’existe pas». «On sait qu’il est acceptable (le projet) et on veut quand même l’améliorer en toute ouverture. (…) Les gens ont vu l’amélioration en deux ans et on va continuer à poursuivre nos améliorations», souligne le directeur général de la mine, Serge Blais.

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