Jacques Boissinot/La Presse canadienne Jean-François Lisée

QUÉBEC — Le chef péquiste Jean-François Lisée a assuré vendredi que son «aménagement» sur les questions d’immigration et de laïcité ne sera pas un virage à 180 degrés.

Au terme de son premier caucus depuis sa victoire, M. Lisée a affirmé qu’il se donne quelques semaines pour arriver à une position qui sera plus confortable pour ses collègues.

«Il n’y aura pas de virage à 180 degrés, a-t-il dit en conférence de presse. Il y aura un aménagement sur la base des propositions que j’ai faites, des propositions qui ont été faites par les collègues pour que chacun s’y retrouve. Il y aura des gens qui seront enthousiastes, il y aura des gens qui diront: je suis capable de vivre avec ça.»

L’interdiction des signes religieux aux fonctionnaires en postes d’autorité, tels que les juges et policiers, fait consensus, a indiqué le chef péquiste.

«La Bouchard-Taylor fait consensus», a-t-il dit, faisant référence au rapport de la commission présidée par le sociologue Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor.

M. Lisée ne s’est pas avancé sur sa proposition, durant la dernière course, pour informer les employés de la fonction publique et parapublique d’une préférence non contraignante pour l’absence de signes religieux au travail.

«J’ai une réponse à cette question, a-t-il dit. Mais comme je veux discuter de ces choses avec mes collègues, je vais me réserver un espace de négociation.»

M. Lisée a déclaré qu’un débat sur la place de la burqa dans l’espace public ne sera pas une priorité d’ici la prochaine élection.

«Ce n’est pas une priorité, a-t-il dit. Alors, je n’ai pas l’intention de le tenir dans la première année d’un mandat, donc ça nous donne déjà trois ans pour discuter de la forme qu’une telle discussion pourrait prendre.»

M. Lisée est également ouvert à l’aménagement de sa proposition qui viserait à confier au Vérificateur général l’évaluation du seuil d’immigration qu’il juge trop élevé à 50 000 personnes par année.

«C’est sur la base des propositions que j’ai faites et pour lesquelles j’ai un mandat que je veux avoir une discussion avec mes collègues, pour créer une zone de confort, a-t-il dit. Alors, encore une fois, ne surestimez pas ce que ça signifie, il n’y aura pas de virage à 180 degrés, personne ne se sentira abandonné s’ils ont voté pour moi à cause de ces positions-là.»

Candidat défait, le député Alexandre Cloutier a affirmé qu’il avait été question des enjeux identitaires lors d’un souper de réconciliation avec M. Lisée jeudi.

«Évidemment, j’accueille cette volonté d’unité très favorablement, je la salue, a-t-il dit. Je pense que c’est la bonne approche à avoir.»

Ce premier caucus, qui sera suivi d’un deuxième dimanche à Victoriaville, est l’occasion de l’annonce des nouvelles responsabilités des députés.

Deux postes importants dans la gestion du caucus ont été confiés à des députés qui avaient appuyé la candidature de M. Lisée.

Carole Poirier a été nommée whip en chef de l’opposition officielle. Pascal Bérubé sera leader parlementaire.

Appui de M. Cloutier, Agnès Maltais sera responsable de la laïcité, après avoir critiqué sévèrement les positions de M. Lisée durant la course.

La députée avait accusé le candidat de vouloir faire peur à la population avec ses arguments sur la place de la burqa dans l’espace public.

M. Cloutier sera porte-parole des dossiers d’éducation, qu’il défendait déjà. Les relations avec les communautés autochtones se sont ajoutées à ses responsabilités.

Martine Ouellet, qui était également candidate, a réclamé le dossier de la culture et des communications. Ancienne porte-parole aux transports, elle conserve le dossier du taxi.

M. Lisée s’est défendu d’avoir rétrogradé Maka Kotto, seul représentant des communautés culturelles au caucus, qui était responsable du dossier confié à Mme Ouellet.

M. Kotto sera chargé du revenu et de la protection du consommateur, «deux dossiers très importants que j’aime voir porter par quelqu’un de fort», a dit M. Lisée.

En concluant cette première journée de travaux à l’Assemblée nationale, le nouveau chef a déclaré que les prochaines semaines serviront à démontrer que le PQ peut former le prochain gouvernement.

«C’est cette transition-là que je veux incarner, avec toute l’équipe, à partir de mardi, a-t-il dit. Commencer à indiquer aux Québécois quel type de gouvernement nous serions et nous serons.»

Par ailleurs, M. Lisée a fait une distinction entre les prises de position de sa conjointe, Sylvie Bergeron, et les siennes, notamment sur la place de la communauté anglophone au Québec.

Alors que Mme Bergeron a déjà accusé dans ses écrits la communauté anglophone de refuser l’intégration au Québec, M. Lisée a plutôt affirmé qu’elle constitue «une société distincte qui participe à la vie de la nation».

«S’il y a des distinctions à faire entre mon programme et des écrits de ma conjointe, comme c’est moi qui a été élu chef, je vous invite à lire mon programme», a-t-il dit aux journalistes.

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