MONTRÉAL — La campagne en faveur du salaire minimum à 15 $ au Québec atteindra son point culminant, samedi, avec une manifestation qui doit réunir quelques milliers de personnes à Montréal.

Dans les faits, ce sont quatre campagnes en faveur du salaire minimum à 15 $ qui seront réunies en un seul rassemblement, à 11h au parc Le Prévost près des rues Christophe-Colomb et Jean-Talon, au nord de Montréal.

Le salaire minimum est actuellement de 10,75 $ et ces groupes veulent le voir haussé à 15 $ l’heure. Certains prônent «le plus rapidement possible», alors que d’autres sont prêts à donner un horizon de quelques années pour y parvenir, à raison d’augmentations de 70 cents par an.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne vendredi, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a dit constater que le gouvernement du Québec se montre un peu plus ouvert, voyant la pression populaire monter.

«Je suis sûr que si on passait un sondage auprès de la population, il y a pas mal de monde qui nous dirait qu’avec 10,75 $, tu ne peux pas vivre décemment avec ça au Québec en 2016. Donc, c’est sûr qu’il y a eu une écoute. Puis le gouvernement, il est à l’écoute aussi de la population de temps en temps. Et il constate que notre campagne, elle n’est pas folle, il y a quelque chose qui se tient dans tout ça», a opiné M. Boyer.

D’ailleurs, plus tôt cette semaine, des organisations patronales avaient indiqué à La Presse canadienne qu’elles fourbissaient à leur tour leurs armes, à coups de lettres à la ministre du Travail, Dominique Vien, de consultation des entreprises et d’études plus poussées sur les répercussions d’une telle hausse, craignant que le gouvernement ne finisse par céder à la pression qui s’accroît.

«Les épouvantails que les patrons nous envoient, ce ne sont que des épouvantails. Et on est capable de détruire ces mythes-là. Nous, les études qu’on a, ça nous démontre qu’il y a peu d’impacts négatifs d’augmenter de façon substantielle le salaire minimum», a commenté M. Boyer, président de la plus grande centrale syndicale au Québec avec ses 600 000 membres.

Aux États-Unis, où le mouvement «Fight for 15» est très actif depuis quelques années, des chercheurs avaient démontré en 2011 qu’en haussant à 12 $ le plus bas échelon salarial chez Walmart, cela aurait pour effet de provoquer une hausse des prix de seulement 1,1 pour cent, tout en maintenant le même niveau de profits, affirme-t-on dans l’argumentaire des groupes qui militent pour cette cause au Québec.

Et M. Boyer fait valoir que le petit commerçant de quartier qui craint de hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure devrait aussi penser que grâce à une telle hausse, davantage de citoyens dans son quartier pourront venir acheter occasionnellement dans son commerce, parce qu’ils auront un peu plus d’argent dans leurs poches, augmentant ainsi ses profits.

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