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MONTRÉAL — Un médecin québécois vient d’être radié pour 15 mois pour avoir eu des relations sexuelles avec une patiente qui était alors une élève-ballerine de 17 ans.

C’est la sanction imposée au docteur Roger Hobden par le Conseil de discipline du Collège des médecins, dans une décision datée du mois d’octobre. Il devra aussi payer une amende de 3000 $.

Le Conseil précise qu’il est d’avis que la recommandation conjointe se situe «dans le bas de la fourchette des sanctions pouvant être imposées».

L’homme avait plaidé coupable et reconnu qu’il avait commis une «grave erreur».

La patiente est profondément blessée, indique le Conseil en faisant référence à une lettre de la jeune fille, qui n’a pas témoigné à l’audience disciplinaire. «Son sentiment d’avoir été manipulée par l’intimé (le médecin) perdure depuis les événements», est-il écrit.

La jeune fille en question n’avait que 17 ans lorsqu’elle l’avait consulté, à une époque où elle étudiait la danse à l’École supérieure de danse du Québec (ESDQ), pour des problèmes de genou et de dos, à partir de l’automne 1996.

Il l’a alors évaluée au bureau médical de l’École supérieure de danse et il l’aurait revue à toutes les semaines, ou aux deux semaines, pour des suivis médicaux.

Au début de l’année 1997, Roger Hobden, alors âgé de 43 ans, invite sa patiente à un spectacle. Il est allé la chercher chez elle. Après la représentation, ils sont allés chez lui et ils ont alors eu une relation sexuelle, puis une seconde à une autre occasion.

C’est cette jeune femme qui a porté plainte.

Le docteur a admis qu’il éprouvait des sentiments amoureux pour elle et de l’admiration pour l’artiste qu’elle est.

Il a aussi reconnu par la suite avoir entretenu des relations amoureuses avec deux autres patientes.

C’est pourquoi trois chefs d’infractions ont été déposés contre lui — un par patiente. Une radiation de trois mois pour chacune de ces deux femmes a aussi été imposée, mais comme elles seront purgées en même temps, cela ne rallonge pas la sanction de 15 mois.

Dans la détermination de la sanction, le Conseil de discipline a tenu compte de plusieurs facteurs.

D’abord, l’homme n’a aucun antécédent disciplinaire et son dévouement a été noté par plusieurs représentants de maisons d’enseignement et d’organismes des arts de la scène.

Par contre, l’infraction qui lui est reprochée — à trois reprises — est la plus grave sur le plan disciplinaire. Car il y a un déséquilibre du rapport de force entre le médecin et ses patientes, note le Conseil.

Quant à la déclaration qu’il était amoureux de la jeune ballerine, le Conseil n’en tient pas compte. «La pureté du geste ou la noblesse de ses sentiments ne peuvent excuser le geste», écrit-il.

Des rapports de deux psychiatres font état que le risque de récidive du médecin est faible. Et comme les gestes se sont produits il y a près de 20 ans, l’écoulement du temps permet au Conseil de constater que le médecin «n’a pas maintenu son inconduite tout au long de sa carrière».

Le docteur Hobden a aussi plaidé coupable devant la Cour du Québec à un chef d’accusation criminelle d’exploitation sexuelle sur une mineure par une personne en autorité, en raison de ses gestes sur la jeune ballerine.

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