EDMONTON — Jim Prentice, qui est décédé jeudi soir dans un accident d’avion, aura profondément marqué le mouvement conservateur moderne au terme de sa longue carrière politique.

L’homme de 60 ans, qui a été ministre au gouvernement fédéral avant d’être premier ministre de l’Alberta, avait quitté le monde politique il y a plus d’un an après avoir subi une défaite cuisante contre les néo-démocrates de Rachel Notley aux élections générales de mai 2015.

Avant son passage en politique provinciale, M. Prentice a géré de nombreux ministères dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper, dont celui de l’Environnement et de l’Industrie.

Il aura passé la majorité de sa vie adulte en politique, autant dans les coulisses qu’à l’avant de la scène.

Né le 20 juillet 1956, à South Porcupine, dans le nord-est de l’Ontario, M. Prentice a passé ses étés à travailler dans des mines de charbon pendant qu’il faisait ses études en droit.

«J’ai toujours dit que j’ai fait mon éducation là-bas. J’ai appris le travail d’équipe, j’ai appris le respect envers les autres. J’ai appris le fait que la personne la plus intelligente dans la salle n’est souvent pas la personne qu’on pense être la plus intelligente», a-t-il confié en entrevue en 2014.

«Tout le monde peut contribuer et tout le monde doit faire partie de la solution», a-t-il ajouté.

Cinquante ans avant cela, Jim Prentice ne voulait que jouer au hockey.

Son père, Eric, travaillait dans une mine d’or, mais il a aussi été un ancien joueur professionnel de hockey. Eric Prentice, à 17 ans, était le plus jeune joueur à être embauché par les Maple Leafs de Toronto. Il aura joué cinq matchs pour les Leafs pendant sa carrière.

Alors que l’industrie de l’or éprouvait des difficultés, Eric Prentice a déménagé sa famille à Grande Cache, en Alberta, où il a travaillé dans une nouvelle mine de charbon.

Jim Prentice, pour sa part, a dû mettre un terme à sa carrière prometteuse dans la ligue junior de hockey en raison d’une blessure grave au genou. Il s’est ensuite consacré à ses études et il est devenu avocat en droit foncier et immobilier.

Mais au même moment, il faisait ses premiers pas en politique. Dès l’âge de 20 ans, il a travaillé pour les conservateurs fédéraux et provinciaux. Mis à part en 1986, lorsqu’il avait tenté sans succès de se faire élire au niveau provincial, il a passé le plus clair de son temps dans les coulisses en tant qu’organisateur.

En fait, à ce moment, il s’était entendu avec sa femme Karen pour ne pas trop s’impliquer en politique jusqu’à ce que leurs enfants soient assez vieux.

Lorsqu’il a finalement choisi de faire le saut pour se représenter en 2002, le mouvement conservateur était en ruines alors qu’il était divisé entre le Parti conservateur et l’Alliance canadienne. M. Prentice a fait la promotion de l’union de la droite et, en 2002, il a laissé toute la place au chef de l’Alliance canadienne, Stephen Harper, pour qu’il se présente sans opposition.

En 2004, à 47 ans, il a enfin été élu dans une circonscription de Calgary. Deux ans plus tard, le gouvernement conservateur de Stephen Harper était élu minoritaire, ce qui a permis à M. Prentice d’entrer au cabinet.

Mais son moment déterminant a été, selon ses dires, en 2005, lorsque le gouvernement libéral a tenu un vote libre sur le mariage gai. La pression pour voter contre était intense, mais M. Prentice a décidé de voter en faveur de la loi «parce qu’il croyait aux droits des individus».

«Il y a une nécessité d’assurer l’équilibre et de protéger les droits de tous», avait-il expliqué.

Les électeurs de sa circonscription n’étaient toutefois pas du même avis — il a reçu plusieurs lettres de plainte et certains de ses employés locaux ont démissionné. Certains avaient même prédit que sa carrière politique était finie.

En 2011, il a quitté la politique fédérale pour accepter un poste de direction à la Banque CIBC.

Quatre ans plus tard, il revenait sur la scène provinciale pour se présenter dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur. Il a été élu chef et désigné, du coup, premier ministre de l’Alberta.

Accablé par les scandales de l’ancienne première ministre Alison Redford et miné par le désir de changement de l’électorat, le Parti progressiste-conservateur a essuyé une défaite cinglante en 2015.

Jim Prentice avait remporté sa circonscription, mais il avait annoncé le soir des élections qu’il en avait fini avec la vie publique.

«En tant que chef du parti, j’accepte la responsabilité du résultat de ce soir. J’accepte également la responsabilité des décisions qui ont mené à cette soirée», avait-il dit.

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