Des centaines de personnes ont pris part à une marche dans les rues du quartier Villeray, samedi, afin de réclamer une hausse du salaire minimum à 15 $ de l’heure au Québec.

La manifestation qui a démarré au parc Prévost était organisée par une trentaine d’organismes communautaires, politiques et étudiants, dont les trois grandes centrales syndicales.

Alors que le sujet fait couler beaucoup d’encre récemment, les organisateurs de l’événement se disent confiants de voir la question se transformer en véritable débat de société au cours des prochains mois.

« Les travailleurs sont mobilisés, ça ne fait aucun doute, a soutenu Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. On sait bien que ça n’arrivera pas demain matin, mais ça prend quand même 15$ de l’heure aujourd’hui, en 2016, pour bien vivre.»

«Plus on attend, plus on est en retard de notre objectif : c’est-à-dire sortir les gens de pauvreté » – Virginie Larivière, Collectif pour un Québec sans pauvreté.

En août dernier, le ministre des Finances, Carlos Leitao, avait affirmé que le salaire minimum actuel (10,75 $ de l’heure) était suffisant selon lui. De son côté, le premier ministre Philippe Couillard avait dit souhaiter un débat sur le sujet, mais sans s’engager formellement.

« On ne peut pas dire qu’on sent vraiment une ouverture de la part du gouvernement, a tranché Mme Larivière. Le gouvernement a refusé de tenir les consultations publiques sur la question demandées par les trois partis d’opposition. Par contre, la ministre du Travail [Dominique Vien] nous dit que sa porte est ouverte pour discuter.»

«Aujourd’hui, les trois partis, à l’exception des libéraux, sont prêts à faire un débat public sur la question, a observé Manon Massé, députée de Québec solidaire dans Sainte-Marie–Saint-Jacques. On est rendus là, parce qu’un mouvement social demande du changement. »

Cheolki Yoon, du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI), croit qu’un salaire minimum à 15 $ est primordial pour assurer une vie décente dans le contexte économique actuel.

« Selon les recherches, 15 $ de l’heure, c’est le minimum pour vivre décemment en 2016. Mais ce n’est qu’un point de départ. La nécessité actuelle, c’est 15 $, mais dans le futur, ce sera davantage. »

Plusieurs organisations patronales, dont la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), ont exprimé leur crainte face à une éventuelle hausse du salaire minimum. Selon la FCEI, cela aurait des conséquences catastrophiques sur le marché du travail et causerait de nombreuses pertes d’emplois, particulièrement chez les PME.

Selon les militants rencontrés, cet argumentaire ne tient pas la route.

« Le discours catastrophique qu’on nous sert ad nauseam, c’est une campagne de peur qui ne se concrétise jamais dans le réel», a statué Virginie Larivière.

« C’est sûr qu’il va y avoir des soubresauts dans l’économie, on parle quand même d’une hausse substantielle de 40 %. Mais il faut comprendre que les choses vont se stabiliser à très court terme. Il n’y aura pas de catastrophe. Le marché du travail doit s’adapter. Ce n’est pas normal qu’en 2016 des travailleurs soient en situation de pauvreté et fréquentent les banques alimentaires. »

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