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L’utilisation systématique du condom chez les jeunes de 15 à 24 ans a largement diminué dans les dernières années, révèle une étude publiée récemment.

Selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015, réalisée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), 25,7% des jeunes de 15 à 24 ans actifs sexuellement utilisent toujours un condom. Selon l’édition 2008 de l’enquête, 41% des jeunes du même âge utilisaient alors le préservatif systématiquement.

«C’est sûr que c’est inquiétant de voir qu’il y aurait une baisse d’utilisation chez les jeunes, juge le médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et expert en santé sexuelle Marc Stében. Ça vient montrer que le condom est mal vendu comme méthode de prévention.»

Le spécialiste croit qu’on présente beaucoup les aspects négatifs du condom dans les campagnes qui visent les jeunes. «C’est important de parler d’une sexualité saine, mais surtout de vanter le côté positif des relations protégées», dit-il

Du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on dit être «conscients que des efforts de communication doivent être déployés pour encourager le maximum de jeunes à utiliser le condom lors d’une relation sexuelle». Toutefois, on interprète les données de l’ISQ avec prudence. «Il n’y a pas le contexte des répondants, indique la porte-parole Noémie Vanheuverzwijn. On ne sait pas s’ils sont dans une relation stable ou non.» L’enquête indique que 77% des Québécois de tous âges ayant un seul partenaire sexuel n’utilisent jamais de condom, mais ne présente pas cette donnée en fonction des groupes d’âge.

Tout en faisant également preuve de réserve dans son analyse, le Dr Stében croit toutefois que la baisse remarquée chez les 15 à 24 ans ne peut s’expliquer seulement «par le fait qu’il y a plus de monde dans une union stable à cet âge là». Il rappelle aussi que les cas de maladies transmises sexuellement sont en hausse au Québec.

D’ailleurs, la banalisation de ces dernières serait une cause de la baisse de l’utilisation du condom et pas seulement chez les jeunes, croit le médecin. «Un phénomène clair, qu’on voit peut-être plus chez les hommes gais, est la banalisation du VIH, soutient-il. Une proportion importante des gens ne voit plus le VIH comme une maladie mortelle et la perçoit même, de façon erronée, comme une maladie traitable.» La diminution de cas très médiatisés comme dans les années 1980 ou 1990 accentuerait cette perception.

La disparition des cours d’éducation nuit-elle aussi à la popularité du condom? Le Dr Stében croit que oui. «Si on ne donne pas une éducation, les jeunes vont aller chercher l’information parce qu’ils sont curieux. L’information qu’il y a en général ça vient de la pornographie», souligne-t-il.

Montréal et Laval font exception

Les régions de Montréal et de Laval font figure d’exception en ce qui a trait à l’utilisation du condom, tous âges confondus. Dans toutes les autres régions du Québec, plus de 70% de la population active sexuellement n’utilise jamais de condom. À Montréal, c’est plutôt 55,8%, et à Laval, 62,6%. «Les grandes villes sont souvent vus comme des carrefours pour les relations sexuelles, et on y trouve plus de maladies transmises sexuellement», analyse le Dr Marc Stében, précisant qu’il ne s’agit là que d’une hypothèse.


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