Radio-Canada Ariane Litalien et Mélanie Lemay

Les femmes derrière le site Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay et Ariane Litalien, ont dénoncé le manque de ressources pour les victimes d’agression sexuelle et la culture du viol, dimanche sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle.

Toutes deux victimes d’agression sexuelle lorsqu’elles étaient aux études, les deux femmes ont raconté leur enfer et leur guérison. «Ce qui m’a fait le plus mal, c’est de voir que la qualité de la vie d’une femme vaut moins cher que celle d’un homme», a révélé Mélanie Lemay – alors étudiante au Cégep de Sherbrooke –, soulignant qu’un policier qu’elle a contacté lui a répondu: «Tu réalises que tu vas briser sa vie.» Son agresseur était un joueur de football.

Selon elle, les femmes sont plus souvent blâmées quand les agresseurs sont réputés être de bonnes personnes. «Quand on connaît les deux, c’est plus facile de dire que la femme est une menteuse», a-t-elle déploré.

Ariane Litalien a pour sa part regretté avoir été délaissée par son l’université Harvard, qui a refusé de changer son agresseur de résidence étudiante. «Le plus dur était de sentir que je ne valais rien, a-t-elle dit. Non seulement de la façon dont j’ai été traitée par mon agresseur, mais par l’université.»

La jeune femme croit que cette attitude peu sérieuse des institutions face aux agressions contribuent à ce qu’elles restent sous silence. «Si les filles ne parlent pas, c’est parce qu’on est pas dans un contexte social où on est à l’aise de dénoncer. On est dans une société où l’absence de consentement est banalisée.»

C’est le même problème avec le système de justice, croit Mélanie Lemay, puisque peu de procédures aboutissent en victoires pour les victimes. «Quand on voit l’enfer que traversent ces femmes, on n’a pas le goût de passer par ça, et on préfère passer du temps sur notre guérison», a-t-elle jugé.

Alors que le gouvernement a décidé de baliser les initiations universitaires, les deux militantes croient qu’il s’agit d’une fausse solution. «Le problème n’est pas les initiations, a soutenu Ariane Litalien. On est à côté de plaque. Le problème, c’est la culture du viol.» Mélanie Lemay a ajouté qu’on ne pouvait pas tout bannir et qu’il fallait miser sur l’éducation. «Les étudiants vont continuer de se réunir et d’avoir des activités sociales, a-t-elle rappelé. Mais ça démontre l’importance du féminisme comme combat d’aujourd’hui.» Cette dernière pense d’ailleurs que la notion de consentement devrait être inculquée bien avant l’université.

José Bové dénonce l’AÉCG
Dans le premier segment de l’émission, le député au parlement européen et militant écologiste français José Bové a profité de son passage à Tout le monde parle pour dénoncer l’Accord économique et commercial global (AÉCG) qu’on est «en train de forcer» d’accepter aux Canadiens.

Finalement admis au pays jeudi après avoir été retenu par les douaniers canadiens en raison de condamnations criminelles pour désobéissance civile, José Bové a tout d’abord rigolé des méthodes des services frontaliers, qui ont utilisé Google et Wikipédia afin de connaître ses antécédents. «Je m’inquiète un peu si le Canada n’a que Wikipédia pour rechercher des criminels», a-t-il dit.

Selon le député, qui était au Canada pour dénoncer l’AÉCG, le libre-échange est surtout un outil qui permet aux grandes compagnies de modifier les lois qui leur nuisent. «Le premier ministre Justin Trudeau se fait le chantre du libre-échange et essaie de vendre cet accord comme quelque chose de merveilleux, a jugé M. Bové. Mais par exemple, les producteurs de lait ont raison de dire que c’est un danger. Parce qu’il vont être envahis de fromage industriel français qui sera moins cher.»

Rappelant qu’il a ramené du Québec le concept du lien direct entre agriculteur et consommateur, José Bové a vanté la qualité des produits agricoles québécois. «Vous avez une diversité exceptionnelle et de bonnes choses au Québec, a-t-il souligné. Et là, vous allez avoir de la merde à la place.»

Le militant a également déploré l’absence de considération pour l’environnement dans l’AÉCG et évoqué le danger pour l’Europe de voir la viande canadienne entrer à très bas prix dans un marché déjà autosuffisant.

Bien qu’il ait eu de la difficulté à entrer au pays, José Bové dit assumer pleinement tous ses coups d’éclat. J’ai toujours agi à visage découvert et on n’a jamais mis de cagoule, a-t-il rappelé. Quand tous les canaux de la démocratie sont bouchés, il ne reste plus au citoyen qu’à désobéir. Mais ça veut dire qu’on accepte les conséquences de ses actes.»

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