Même si la Semaine québécoise de réduction des déchets (SQRD) connait toujours davantage de succès avec plus de 200 activités prévues partout dans la province, le Québec est loin d’être exemplaire gestion des ordures. Quels sont les défis qui nous attendent? Entrevue avec Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, qui pilote la SQRD.

Est-ce qu’on avance vraiment en matière de gestion des déchets?
C’est la 16e édition de la Semaine de réduction des déchets. Depuis le début de l’initiative, on a sécurisé les dépotoirs qui ont tendance à moins fuir. D’ici quelques années, on arrêtera d’enfouir les matières organiques (déchets de table et du jardin) qui représentent un tiers de ce qu’on jette. Et surtout, il y a un réel mouvement citoyen qui prône le zéro déchet ou la consommation responsable ou des municipalités qui n’ont plus peur de bannir les sacs jetables et bientôt les bouteilles de plastique. Ceci dit, il y a encore une large réflexion à faire sur la façon dont on fait les choses. Par exemple, le recyclage: les objectifs de récupération sont globalement atteints, mais la ressource qui coûte 150M$ à collecter est ensuite envoyée au rabais en Chine alors qu’on pourrait développer une industrie et des emplois au Québec pour la transformer. J’aimerais bien voir si c’est réellement rentable écologiquement le recyclage.

«Les dépotoirs dans 500 ans, ça sera des sites archéologiques très recherchés» – Karel Ménard, président du FCQGED

Où en est le dossier de la consigne?
Voilà un dossier dont on parle depuis 20 ans, sans réellement avancer. Actuellement, les bouteilles de bière et les bouteilles de boissons gazeuses sont consignées ce qui permet des taux de récupération respectifs de 95% de 72%. Mais certains aimeraient récupérer cette manne et abolir la consigne pour que tout soit mis au recyclage avec tous les risques que cela comporte: contamination des contenants et baisse du taux de récupération. Tous ces intervenants aux objectifs différents neutralisent les avancements dans ce dossier. Nous, on est en faveur que la consigne soit plus élevée et qu’elle soit étendue aux bouteilles de vin et aux bouteilles d’eau. Au Québec, 20% du vin est embouteillé ici, ça représente environ 40 millions de bouteilles, pourquoi on ne les réutiliserait pas? Quant aux 1,5 milliard de bouteilles d’eau en plastique, pourquoi ne pas faire comme l’Allemagne qui a imposé un format de bouteille en plastique réutilisable?

La biométhanisation des ordures ça n’avance pas beaucoup non?
La plupart des municipalités ont introduit la collecte des résidus de table et commencent à construire les infrastructures pour composter les matières récupérées afin d’éviter l’enfouissement de matières organiques d’ici 2020. En milieu densément peuplé, le compostage classique est moins envisageable, il faut passer par la biométhanisation. Cela consiste à fabriquer des biogaz en décomposant des déchets, et on obtient alors un digestat qu’il faut composter. Ce sont des infrastructures qui coûtent cher et c’est vrai qu’à Montréal, notamment, ça avance lentement. Donc, actuellement, les résidus de table collectés des Montréalais sont notamment envoyés à Joliette à 70km pour y être compostés. Mais encore faut-il que les matières collectées soient de bonne qualité si on veut du compost utilisable comme de  l’engrais, sinon il risque d’être à son tour enfoui!

 

 

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