FREDERICTON — Dennis Oland saura vraisemblablement lundi s’il doit continuer de purger sa peine de prison à vie, s’il est acquitté ou s’il devra subir un nouveau procès.

Les avocats de la Couronne et de la défense ont clos, jeudi, leurs plaidoiries à la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick. Les trois juges devront déterminer si le jugement de décembre ayant reconnu Dennis Oland coupable du meurtre non prémédité de son père, Richard Oland, est valide.

L’inculpé, un planificateur financier de 48 ans, a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Ces trois derniers jours, ses avocats ont argué que le verdict n’était pas raisonnable et que le juge de première instance avait commis des erreurs en donnant ses directives au jury. L’utilisation de certaines informations comme éléments de preuve, notamment la veste brune que portait l’accusé le soir du crime, a également été contestée.

De part et d’autre, les plaidoiries ont d’ailleurs beaucoup porté sur cette veste, puisque dans son témoignage au procès antérieur, Dennis Oland avait soutenu que celle-ci était plutôt de couleur marine.

La Couronne avait alors fait valoir que Dennis Oland avait menti de façon intentionnelle, alors que la défense arguait plutôt qu’il s’agissait d’une erreur.

L’un des avocats représentant Dennis Oland, Alan Gold, a cité plusieurs exemples de jurisprudence où un témoignage incorrect ne constituait pas forcément un mensonge.

La procureure de la Couronne, Kathryn Gregory, estime pour sa part que le juge de première instance a bien agi en fournissant tous les éléments de preuve au jury. Même s’il y avait eu une erreur, celle-ci n’atténuerait en rien la peine de Dennis Oland, croit-elle.

La police a retrouvé de minuscules traces du sang et de l’ADN de la victime sur la veste en question.

Le juge en chef Ernest Drapeau a dit, jeudi, que le témoignage au sujet du morceau de vêtement était «un élément central» de l’argumentaire de la Couronne. Sans la validité d’un tel élément, un nouveau procès devrait se tenir, a-t-il soutenu.

Les deux autres juges et lui-même ont de la difficulté à trancher la question, a-t-il ajouté, mais gardent l’esprit ouvert.

Le 7 juillet 2011, Richard Oland a été retrouvé mort sur le plancher de son bureau, à Saint-Jean, gisant dans une mare de sang. Il souffrait de plusieurs blessures à la tête, au cou et aux mains, mais aucune arme n’a été retrouvée.

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