Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne Melanie Joly.

MONTRÉAL — La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, n’exclut pas une forme d’aide financière pour les médias écrits qui traversent une période difficile et veulent prendre le virage numérique, mais elle ne s’avance pas non plus en la matière pour le moment.

De passage à Montréal, vendredi, où elle prononçait une allocution devant des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la ministre a encore une fois invité les parties intéressées à participer aux consultations publiques qu’elle mène sur le contenu canadien dans un monde numérique.

Une coalition de médias écrits du Québec s’est récemment tournée vers les gouvernements provincial et fédéral pour demander une forme de soutien financier, confrontés qu’ils sont aux défis du numérique et à la baisse des revenus publicitaires. Ils lui ont aussi demandé d’accroître la présence publicitaire du gouvernement dans ces médias.

Interrogée à ce sujet, au cours d’une rencontre de presse après son allocution, la ministre Joly a laissé entendre que rien n’était écarté pour le moment.

«Je sais très bien qu’il y a des bouleversements qui affectent les différents médias, qui affectent tout le milieu du divertissement. J’ai dit à plusieurs reprises: tout est sur la table. Je suis prête à parler des différents leviers que nous avons comme gouvernement fédéral afin, justement, de soutenir et de faire la promotion de ces milieux-là», a répondu la ministre.

Quand on lui a demandé spécifiquement si elle excluait une aide financière, elle a répondu: «mon équipe et moi, on est prêt à étudier tous les scénarios qui sont présentés».

La coalition a demandé entre autres un programme ou un crédit d’impôt pour rembourser une partie des investissements numériques des médias écrits.

Elle a également demandé de mettre à jour la Loi sur le droit d’auteur, puisque des géants du web et agrégateurs de contenu reprennent le contenu des médias écrits sans compensation ou, parfois, le reformulent tout simplement.

Elle a aussi réclamé de soutenir la production d’information originale canadienne avec des crédits d’impôt pour rembourser une partie des salaires et des dépenses liés à la production d’information.

Netflix

Sur la question de Netflix, alors que plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une forme d’encadrement face aux entreprises canadiennes qui sont soumises, elles, à une réglementation, la ministre Joly a laissé entendre qu’elle ne pouvait pas y faire grand-chose.

«Depuis trop longtemps, on a eu un système qui mettait en contradiction les choix de l’utilisateur et le fait de faire preuve d’une certaine forme de protectionnisme. Dans l’ère du numérique, c’est extrêmement difficile d’imposer, par voie gouvernementale, la façon dont les algorithmes vont fonctionner, alors que les entreprises n’ont pas de siège au Canada», a-t-elle répondu au président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, qui l’a interrogée à ce sujet.

Et à M. Leblanc qui lui a demandé spécifiquement comment on pouvait s’assurer d’y trouver du contenu en français, Mme Joly a répliqué: «c’est impensable. J’ai de la misère à penser que tout à coup, comme gouvernement, et que les gouvernements nationaux vont commencer à réglementer l’internet. Ce n’est certainement pas la vision de ce qu’est l’internet et des attentes des citoyens par rapport à cet univers d’information.»

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