Archives Métro Le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux

MONTRÉAL — La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec et Force Jeunesse font fi de leurs allégeances partisanes pour demander au gouvernement d’élargir les interdictions sur les clauses de disparité au travail — aussi appelées «clauses orphelin».

Depuis 2001, la Loi sur les normes de travail interdit les disparités de traitement basées sur la date d’embauche, mais elle ne prévoit rien sur les avantages sociaux, dont les régimes de retraite et les assurances collectives.

Les organisations croient que les astres sont alignés en ce moment alors que, selon eux, tous les partis à l’Assemblée nationale se sont prononcés en faveur d’une telle mesure.

En conférence de presse, dimanche matin, à Montréal, les représentants ont fait part de leurs inquiétudes quant à des données rendues publiques par le Bureau de l’actuaire en chef du Canada, qui soulignait une tendance, surtout dans les entreprises privées, à offrir un régime de retraite différencié entre les employés.

Jonathan Marleau, président de la Commission jeunesse du PLQ, assure qu’il perçoit de l’ouverture de la part du gouvernement de Philippe Couillard, même s’il tarde à se saisir du dossier. À leur dernier congrès, en août, les jeunes libéraux avaient demandé au gouvernement de revoir les lois de manière à interdire les clauses de disparité contenues dans les régimes de retraite.

Nolywé Delannon, présidente de Force Jeunesse, estime elle aussi que le contexte est favorable actuellement. «Le gouvernement, par la voie de sa ministre du Travail (Dominique Viens), a annoncé la mise sur pied d’un comité consultatif sur les normes du travail, dont l’un des mandats sera de se pencher sur les régimes hybrides ou les régimes à deux vitesses», a-t-elle indiqué.

«Ça veut manifestement dire que tous les acteurs sont conscients qu’il y a nécessité d’agir. Nous, on est là pour dire qu’il y a urgence de le faire», a-t-elle ajouté.

La FTQ estime que quelque 150 000 personnes sont affectées par cette disparité de traitement sur le plan des retraites seulement — ce chiffre n’inclut pas les disparités quant aux assurances.

«C’est exponentiel, ce chiffre-là augmente d’année en année. Les vieux employés s’en vont et les nouveaux arrivent avec une clause de disparité», a expliquéSerge Cadieux, secrétaire général de la FTQ.

M. Cadieux croit qu’il n’est pas normal que des travailleurs aient à déclencher des grèves pour protéger les nouveaux travailleurs.

Depuis le début de l’année 2016, deux syndicats affiliés à la FTQ ont dû faire face à trois conflits de travail qui portaient exclusivement sur les clauses de disparités de traitement, selon le secrétaire général.

«Il y a des gens qui sortent en grève pour se battre pour que des employés et des futurs employés n’aient pas à subir de discrimination! Ce n’est pas le rôle des travailleurs. C’est la responsabilité du législateur», a-t-il martelé.

Des représentants des syndicats affectés par ces conflits de travail étaient présents à la conférence de presse. Ils assurent tous deux que leur régime de retraite n’était pas déficitaire et qu’il ne représentait pas un poids pour l’employeur.

Les travailleurs de Ciment Lafarge, à Saint-Constant, ont débrayé pendant trois mois. «Nos travailleurs ont décidé de se lever pour du monde qu’ils ne connaissent même pas (…) On a réussi à empêcher ça, mais il y a fallu se battre pour ça», a témoigné le représentant syndical, François Cardinal.

Les employés syndiqués de Brault & Martineau n’ont pas pu déclencher de grève, leur employeur a décrété un lockout dès que les employés ont rejeté l’offre patronale.

«C’est le couteau sur la gorge que les employés, on a accepté l’inacceptable. Pour sauver (leur emploi), les travailleurs ont été obligés de sacrifier les conditions de travail de leur futur collègue», s’est désolé Olivier Carrière, représentant national d’Unifor.

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