Mario Beauregard/Métro François Cardinal, travailleur chez Ciment Laforge, Jonathan Marleau, président de la Commission-jeunesse du PLQ, Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ, Nolywé Delannon, présidente de Force Jeunesse et Olivier Carrière, travailleur chez Breault Martineau.

La Commission-jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ) a allié sa voix hier à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et à celle de Force jeunesse afin de sommer le gouvernement de mettre fin à la «discrimination systémique» dans les fonds de retraite au Québec.

Actuellement, des clauses de disparité de traitement permettent aux employeurs d’offrir aux nouveaux travailleurs des fonds de retraite différents que ceux qui existent pour leurs employés déjà en poste. Cela a pour effet de créer une iniquité intergénérationnelle, puisque les jeunes nouvellement embauchés se retrouvent avec des fonds de retraite moins étoffés que leurs pairs détenant plus d’expérience de travail, soutient le CJPLQ.

«Les clauses de disparité de traitement ne sont pas juste contraires aux principes des lois du travail, mais elles sont surtout immorales», a déclaré hier Jonathan Marleau, président de la Commission-jeunesse du Parti libéral du Québec.

Selon la FTQ, qui cite un rapport du bureau de l’actuaire en chef du Canada, le nombre de travailleurs au pays affectés par ces «clauses orphelin» serait passé de 18 000 en 2004 à 581 000 en 2014. Au Québec, ils seraient quelque 150 000, selon le secrétaire général du syndicat, Serge Cadieux.

«Vous comprendrez que c’est exponentiel, a-t-il déclaré en point de presse. Ce chiffre ne baissera pas, il va toujours aller en augmentant», puisque les nouveaux embauchés sont souvent inclus dans ces «clauses orphelin».

Selon M. Cadieux, ces fonds de retraite «à deux vitesses» ont causé nombre de conflits de travail. Par ailleurs, des débrayages ont eu lieu chez Brault & Martineau et chez Ciment Lafarge sur cet enjeu.

«On demande aux travailleurs de sortir dans la rue pour protéger les conditions de travail de travailleurs qui n’ont pas encore été embauchés, déplore M. Cadieux. C’est le rôle de l’État d’empêcher ça, ce n’est pas aux travailleurs de le faire.»

La Loi sur les normes du travail interdit les clauses de disparité du traitement, mais celle-ci n’inclut pas les régimes de retraite, fait-il remarquer.

Selon la présidente de Force jeunesse, Nolywé Delannon, tant la Coalition avenir Québec (CAQ) que Québec solidaire (QS), que le Parti québécois (PQ) ont montré une volonté de fermer ces «clauses orphelin». Les membres du PLQ ont aussi pris position en ce sens, affirme le président de la  CJPLQ, Jonathan Marleau.

Il n’y a donc plus aucun obstacle, aucune excuse pour ne pas aller de l’avant», juge Mme Delannon. M. Marleau s’est dit confiant que le gouvernement pourrait agir. «On sent une ouverture», avance-t-il.

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