Olivier Matthys Olivier Matthys / The Associated Press

BRUXELLES — Si la Belgique ne peut pas convaincre le parlement régional wallon de renoncer à son opposition à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada, les dirigeants européens envisagent d’annuler la cérémonie de signature du traité prévue cette semaine, indiquent des sources.

Deux officiels au courant des négociations ont affirmé que les dirigeants de l’UE envisageaient de discuter de la situation au téléphone avec le premier ministre canadien Justin Trudeau. Ils lui parleraient entre autres de la possibilité d’annuler le sommet qui doit se dérouler jeudi si la Belgique ne peut pas promettre de trouver un accord avec le parlement de la Région wallonne d’ici la date limite de ratification.

L’entente doit être approuvée par les 28 pays membres de l’UE. En Belgique, le gouvernement doit obtenir l’appui unanime des trois régions. La Région wallonne, dont la population est de 3,5 millions de personnes, a rejeté l’Accord économique et commercial global (AECG). Selon ses dirigeants, l’entente minera les normes gouvernementales en matière de travail, d’environnement et de consommation tout en permettant aux sociétés multinationales d’écraser les entreprises locales.

Au cours de la dernière semaine, la Belgique n’a pu respecter ses échéances à deux reprises. Le Canada s’est même brièvement retiré de la table des négociations, vendredi, avant d’y revenir le lendemain.

Il ne reste que fort peu de temps avant de ratifier l’accord.

Si l’UE ne peut garantir qu’elle est prête à signer l’entente, il n’y a aucune raison pour maintenir la cérémonie de signature, a fait valoir un représentant de l’UE.

Plusieurs tentatives ont été menées au cours du week-end pour convaincre le ministre-président de la Région wallone, Paul Magnette, d’accepter l’accord.

M. Magnette a toutefois indiqué qu’il existait encore «quelques difficultés» entre Européens. Selon lui, une meilleure entente sera probablement un modèle pour les futurs accords négociés par l’UE.

La ministre canadienne du Commerce international, Christina Freeland, s’est retirée de la table des négociations, reprochant aux Européens leur incapacité à pouvoir ratifier l’entente, vendredi. Elle est revenue le lendemain pour mener quelques discussions.

Les dirigeants de l’UE ont prévenu les Wallons qu’un échec à ratifier l’AECG pourrait ruiner la crédibilité de l’ensemble du bloc à titre de partenaire commercial. Il nuirait aussi aux futures négociations entre l’UE et les États-Unis, le Japon ou ses autres alliés.

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