Radio-Canada Daniel Coutu, Annie Brocoli et Ève Tessier-Bouchard

Annie Brocoli, Daniel Coutu et Ève Tessier-Bouchard ont déploré le manque de financement que reçoivent les émissions jeunesse, lors de leur passage à l’émission Tout le monde en parle dimanche.

La productrice Ève Tessier-Bouchard a soutenu que les diffuseurs voient ce type d’émission comme une dépense. «Il n’y a presque plus de cases horaires», a-t-elle dénoncé, ajoutant qu’on ne place plus ces émissions aux heures de grande écoute.

Il y a eu un déclin dans les investissements réservés à ce genre de contenu dans les dernières années, note l’animatrice Annie Brocoli. «Il y a moins de télé québécoise pour enfant, vraiment ciblée pour le développement de l’enfant, a-t-elle soutenu. On est obligé de prendre des choses qui viennent d’ailleurs, qui coûtent moins cher.»

Daniel Coutu, magicien et animateur, a spécifié qu’on dépense 4 à 5 fois moins d’argent par heure de contenu pour les émissions jeunesse francophones que pour leur pendant anglophone. «Si on veut que nos jeunes francophones aient un modèle, il faut qu’on aient le moyen de produire des émissions jeunesse de qualité», a-t-il assuré.

Le manque de revenus publicitaires serait en cause dans le sous-financement du genre. Pour y remédier, Ève Tessier-Bouchard propose même d’assouplir la loi qui interdit de faire de la publicité visant les enfants. «On n’est pas contre la vertu, a-t-elle dit. On veut une réflexion avec le milieu de la pub pour trouver de nouvelles balises. Les 6 à 12 ans, qui sont déjà sur YouTube, sont peut-être prêts.» Elle a entre autres proposé des partenariats avec des librairies, qui pourraient être des publicités jugées correctes.

Présente sur le plateau pour parler des consultations publiques sur le virage numérique dans le milieu culturel, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a reconnu qu’il y avait là un enjeu. Elle a cité l’exemple de la chaîne TFO qui a augmenté ses revenus grâce au numérique. «Avec une stratégie YouTube très agressive, TFO s’est rendu compte qu’il y avait un public franco-ontarien et québécois qui regardait les émissions, mais aussi un public américain de francophiles qui était intéressé. Les revenus ont commencé à devenir intéressants», a-t-elle souligné.

Sans prendre d’engagements spécifiques pour un réinvestissement, la ministre Joly a indiqué que toutes les options étaient sur la table. «Je suis prête à avoir une conversation avec tout le monde, a-t-elle mentionné lors de son entrevue. C’est important de soutenir les artistes pour qu’ils puissent vivre de leur art.» Elle n’a pas précisé si elle était prête à imposer une taxe aux géants du web comme Netflix pour financer la culture canadienne.

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