QUÉBEC — Le gouvernement a ajouté le réinvestissement dans les services publics aux priorités d’utilisation des surplus budgétaires, a indiqué lundi le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Durant la dernière campagne électorale, les libéraux avaient promis de consacrer une part égale des surplus prévus en 2015-2016 aux baisses d’impôts et à la réduction de dette.

Dans une mêlée de presse lundi, à l’Assemblée nationale, M. Leitao a déclaré que les services directs à la population sont désormais dans les priorités gouvernementales.

Le ministre des Finances présentera mardi la mise à jour économique du gouvernement, après l’annonce d’un surplus estimé cet été à 1,8 milliard $ pour la dernière année financière.

Aux journalistes, lundi, M. Leitao a affirmé que le gouvernement poursuivra sur la voie des réinvestissements, après avoir annoncé il y a un an 100 millions $ pour l’éducation.

Ce choix d’investir dans les services à la population, après des années de compressions des dépenses, fait partie des objectifs, a indiqué le ministre.

«Nous allons faire les trois, pas les deux mais les trois, a-t-il dit. C’est quoi les trois? Nous assurer que les services publics soient financés à l’intérieur de notre capacité de payer et convenablement. Deuxièmement, comme on l’a dit depuis le début, d’alléger le fardeau fiscal et troisièmement, c’est le contrôle de la dette.»

Durant la campagne électorale d’avril 2014, le chef libéral Philippe Couillard avait présenté un cadre financier énonçant que les surplus attendus durant l’année financière 2015-2016 «seront alloués à 50 pour cent aux réductions d’impôt pour les contribuables de la classe moyenne, et à 50 pour cent à la réduction du poids de la dette par des versements supplémentaires au Fonds des générations».

Le document, qui ne faisait aucune référence à l’utilisation des surplus pour l’ajout de financement dans les services publics, indiquait toutefois que «des compressions dans la bureaucratie du réseau de la Santé et du ministère de l’Éducation permettront de réaliser des investissements dans les services aux patients et aux élèves».

En septembre dernier, la protectrice du citoyen, Raymonde St-Germain, a constaté que l’atteinte de l’équilibre budgétaire avait réduit les services publics.

Mardi, M. Leitao n’a pas précisé quelle proportion des surplus sera consacrée au financement supplémentaire des services directs.

«Comme on l’avait fait l’an passé, dans la mise à jour de l’automne dernier en 2015, on avait déjà à ce moment-là ciblé des dépenses en éducation qu’on jugeait importantes, a-t-il dit. Maintenant, un an plus tard, nous avons une marge de manoeuvre qui est meilleure que celle de l’année passée, donc nous allons continuer d’investir.»

Les données du ministère des Finances indiquent qu’un versement de près de 2 milliards $ sera fait au Fonds des générations, consacré au remboursement de la dette, contre environ 2,2 milliard $ en 2016-2017.

«On ne va pas devenir malade à cause de la dette mais il faut prendre conscience qu’elle existe, qu’elle est là, a dit M. Leitao lundi. Un outil comme le Fonds des générations est extrêmement utile.»

Sans s’avancer sur des mesures précises, M. Leitao a déclaré que les contribuables trouveront leur compte dans l’énoncé qu’il présentera cette semaine.

«Ils pourraient être soulagés, soulagés dans le sens où ils et elles vont constater que la maison est en ordre, qu’on a réussi à faire des choses», a-t-il dit.

En mars dernier, le gouvernement a annoncé dans son budget l’abolition de la taxe santé dès cette année, soit un an plus tôt que prévu.

Lundi, le quotidien Le Soleil a rapporté que le gouvernement s’apprête à annoncer mardi un réinvestissement de 500 millions $, notamment en santé et en éducation.

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