JONATHAN HAYWARD JONATHAN HAYWARD / La Presse Canadienne

WHITEHORSE — La menace du gouvernement fédéral d’imposer une taxe sur le carbone aux provinces qui se traîneraient les pieds domine la campagne électorale au Yukon.

Le premier ministre sortant promet de combattre cette stratégie fédérale, alors que ses adversaires ne voient dans cette réaction que de l’esbroufe politicienne.

Darrell Pasloski, chef du Parti du Yukon (centre droit) et premier ministre depuis 2011, estime que l’imposition d’un prix au carbone provoquera dans ce territoire nordique une hausse généralisée des prix à la consommation — notamment des aliments, des vêtements et des carburants.

M. Pasloski a été élu chef du parti en 2011 et a mené ses troupes à une troisième victoire électorale la même année. Il a déclenché des élections générales le 7 octobre, pour un scrutin le 7 novembre. Il soutient que son expérience pourrait lui permettre de négocier avec Ottawa une exemption de cette taxe sur le carbone, en démontrant ce que le territoire a accompli jusqu’ici pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Ses adversaires rétorquent que cette promesse n’est pas réaliste. Le chef libéral, Sandy Silver, estime que M. Pasloski trompe la population, et que le territoire doit plutôt tirer profit de cette taxe en réinvestissant ses fruits dans l’économie.

La chef néo-démocrate, Liz Hanson, estime elle aussi que le Yukon doit trouver des façons de profiter de cette nouvelle écofiscalité, notamment en investissant les recettes dans l’économie verte. Le Yukon, a-t-elle dit, offre un énorme potentiel du côté de l’énergie éolienne, solaire et géothermique. Ces secteurs, selon elle, compenseraient pour les pertes d’emplois dans l’industrie minière, moteur de l’économie, mais qui produit aussi des gaz à effet de serre.

Le libéral Silver, lui, croit toujours au fort potentiel de l’industrie minière au Yukon, mais il estime que le gouvernement devra trouver des façons de rendre ce secteur plus respectueux de l’environnement.

Le Parti du Yukon est aux commandes depuis 14 ans et M. Silver estime qu’il est temps de changer. Mme Hanson, elle, soutient que les néo-démocrates, qui forment l’opposition officielle, ont démontré qu’ils sont prêts à gouverner.

L’Assemblée législative du Yukon compte 19 sièges. Au moment du déclenchement des élections, le Parti du Yukon comptait 11 députés, les néo-démocrates six et les libéraux un; il y avait un député indépendant.

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