OTTAWA — Le gouvernement Trudeau espère qu’une loi obligeant les sociétés cotées en bourse à dévoiler la composition homme-femme de leurs conseils d’administration et de leur direction améliorera la diversité en leur sein. Mais si cela ne suffit pas, les libéraux envisagent d’imposer des cibles spécifiques.

Le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, a affirmé en entrevue que le gouvernement voulait envoyer un signal clair «que la diversité est importante» et selon lui, les nouvelles informations que devront fournir les entreprises contribueront à accroître la diversité.

M. Bains a cité en exemple le Royaume-Uni et l’Australie, où, avec de telles mesures volontaires, il y a eu une amélioration.

Toutefois, si dans quelques années le gouvernement ne constate pas de progrès significatifs, il réévaluera sa position et examinera les options qui s’offrent à lui.

Le mois dernier, les libéraux ont présenté le projet de loi C-25, qui, entre autres, modifiera la Loi canadienne sur les sociétés par actions pour exiger que ces entreprises révèlent à leurs actionnaires certaines données — dont le nombre de femmes au sein de leurs conseils d’administration et de la direction. Les sociétés devront aussi rendre publiques leurs politiques sur la diversité et si elles n’en ont pas, elles seront tenues d’expliquer pourquoi.

La Loi canadienne sur les sociétés par actions touche près de 270 000 entreprises, mais ces changements ne pourraient affecter que celles qui émettent des actions et qui font affaire avec une commission des valeurs mobilières — dont environ 600 sociétés à la Bourse de Toronto.

Le projet de loi, élaboré à la suite de consultations amorcées sous l’ancien gouvernement conservateur, était à l’étape de la deuxième lecture à la Chambre des communes, mercredi.

Le texte législatif ne comprend pas des cibles comme le réclamait notamment Catalyst, une organisation non gouvernementale qui fait la promotion de l’avancement des femmes dans le milieu du travail.

«L’idée est simple: c’est impossible de mesurer le progrès sans avoir quelque chose pour mesurer», a tranché Deborah Gillis, présidente et chef de la direction de Catalyst, dans un rapport publié au mois de juin.

Le gouvernement ontarien a adopté cette recommandation. D’ici 2017, les entreprises de la province devront avoir 30 pour cent de femmes gestionnaires, et d’ici 2019, cette cible passera à 40 pour cent.

Selon le rapport de Catalyst, en 2014, les femmes représentaient 20,8 pour cent des membres des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse.

M. Bains a dit que le gouvernement Trudeau faisait tout ce qu’il pouvait pour montrer l’exemple dans le secteur public — soulignant entre autres la parité au cabinet.

«Nous voulions envoyer un message clair aux sociétés du Canada, que la diversité est une bonne décision d’affaires et qu’elles doivent progresser et faire preuve de leadership», a-t-il expliqué.

Il a toutefois reconnu qu’il y avait encore du travail à faire dans son propre ministère — plus de la moitié des membres du Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation sont des femmes, mais deux autres conseils du ministère ne comprennent aucune femme.

«Nous savons que le gouvernement peut et doit faire mieux», a-t-il admis.

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