Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard a maintenu, jeudi, qu’il est opposé à toute condition d’Ottawa dans le transfert de fonds pour les soins de santé, alors que l’opposition l’accuse d’avoir ouvert la porte à pareille ingérence.

M. Couillard a déclaré qu’il ne voyait aucune contradiction entre sa position actuelle et celle qu’il avait prise dans un texte écrit il y a cinq ans.

Dans un point de presse, à l’Assemblée nationale, M. Couillard a affirmé son opposition à toute condition qui pourrait être reliée au financement d’Ottawa pour le réseau de la santé au Québec.

«Il n’y a aucune contradiction dans ce texte et les positions qu’on défend, a-t-il dit. Il va y avoir une entente, il n’y aura pas de conditions et la clause de l’asymétrie sera reconduite.»

Il a accusé l’opposition de déformer ses propos et de l’insulter en prétendant qu’il avait déjà suggéré à Ottawa de fixer des exigences aux provinces, dans un texte qu’il avait signé alors qu’il était consultant pour le cabinet-conseil Secor, en 2011.

«S’ils ont dit ce qu’ils ont dit, c’est de l’insulte pure et simple, c’est une déformation», a-t-il dit.

Le Québec et les autres provinces canadiennes se sont lancés dans un débat avec Ottawa afin de maintenir le taux annuel d’augmentation des transferts fédéraux en santé à 6 pour cent, alors qu’Ottawa a décidé de réduire leur croissance à 3 pour cent.

Dans un article dont des extraits ont été publiés jeudi par le quotidien La Presse, M. Couillard écrivait toutefois qu’Ottawa raterait une occasion «d’apporter d’authentiques et perceptibles améliorations aux soins de santé» en renouvelant «tel quel» l’accord qui prévoit l’indexation des transferts à 6 pour cent.

M. Couillard évoquait notamment la création par Ottawa d’un fonds consacré à l’innovation en santé qui serait contrôlé par des commissaires à la santé nommés par les provinces.

Jeudi, les partis de l’opposition ont accusé M. Couillard d’avoir éliminé son pouvoir de négociation en raison de ses prises de positions favorables à l’instauration de ce mécanisme qui permettrait à Ottawa de fixer des exigences.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a affirmé que l’opinion exprimée par M. Couillard était en rupture avec les positions historiques québécoises en matière de relations fédérales-provinciales.

«Il est Capitaine Canada, a-t-il dit. C’est clair que sur beaucoup de questions, la position du premier ministre libéral est en rupture avec les autres premiers ministres libéraux. Il a intériorisé la doctrine trudeauiste à plusieurs égards et ça le rend très inefficace pour défendre les intérêts québécois. Il devrait se présenter au fédéral, au Parti libéral du Canada.»

Selon le chef caquiste François Legault, M. Couillard a démontré avec cet article qu’il ne croit pas à la position défendue par son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui réclame le maintien des hausses sans condition.

«Jamais on n’a vu au Québec un premier ministre aussi soumis au gouvernement fédéral, a-t-il dit. Philippe Couillard n’est pas digne d’être le représentant de la nation québécoise.»

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