Nathan Denette Nathan Denette / La Presse Canadienne

TORONTO — Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, dit qu’Ottawa continuera de surveiller le marché immobilier pour s’assurer que son ralentissement ne met pas un frein à la croissance économique du pays.

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce de la région de Toronto, vendredi, le ministre a expliqué qu’il était «ultimement responsable» du maintien de la stabilité du système financier du pays. Il s’est engagé à s’assurer que l’endettement des ménages est soutenable et que les prêteurs agissent avec prudence.

M. Morneau a souligné que, pour ce faire, les nouvelles règles hypothécaires représentent un «outil-clé».

Depuis son entrée en poste, le ministre les a resserrées à deux reprises afin de stabiliser le marché immobilier.

En décembre dernier, le gouvernement a annoncé une augmentation des mises de fonds minimales pour les maisons de plus de 500 000 $, en réaction à l’explosion des coûts des résidences à Toronto ainsi qu’à Vancouver.

Plus tôt ce mois-ci, les libéraux ont exigé que les acheteurs assurés se soumettent à une simulation de crise des taux d’intérêt hypothécaires, afin de vérifier qu’ils demeureront solvables face à une hausse des taux d’intérêt ou encore une baisse de leurs revenus. Auparavant, ces simulations n’étaient pas requises pour les hypothèques à taux fixe de plus de cinq ans.

Le ministre a précisé que le gouvernement ne prévoyait pas mettre en place d’autres mesures spécifiques à l’immobilier, mais qu’il allait continuer à avoir la situation à l’oeil.

Ottawa a cependant lancé une consultation avec des membres de l’industrie, la semaine dernière, pour évaluer la mise en place d’une stratégie de partage des risques avec les prêteurs. Cette politique ferait en sorte que les banques assumeraient une plus grande part du risque associé aux prêts hypothécaires. À l’heure actuelle, les assureurs couvrent la totalité des pertes en cas de défaut de paiement et en vertu de la garantie offerte par le gouvernement, ce fardeau incombe aux contribuables.

La Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) estime que cette série de mesures annoncées par Ottawa entraîneront une baisse de la valeur des propriétés et par le fait même, du «sentiment de richesse» des ménages qui limiteront leurs dépenses de consommation.

La FCIQ est également d’avis que ce resserrement des règles hypothécaires disqualifiera de nombreux premiers acheteurs potentiels, réduira le montant des emprunts permis et fera grimper les taux hypothécaires.

Par voie de communiqué, vendredi, la fédération a annoncé une révision à la baisse de ses prévisions pour le marché du logement en 2017.

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