Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Même s’il ne lui reste qu’un an à la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair s’est montré combatif lors du discours qu’il a prononcé au congrès de la section québécoise du parti, accusant les libéraux d’avoir rompu «une promesse après l’autre».

«Justin Trudeau, Paul Martin, Jean Chrétien: même combat. Pour celle ou celui à qui je vais passer le flambeau dans un an, cette personne sera en mesure de dresser la liste complète de tout ce que les libéraux avaient dit qu’ils allaient faire et qu’ils n’avaient aucune intention faire», a-t-il tonné devant une centaine de délégués réunis samedi dans le centre-ville de Montréal.

M. Mulcair a énuméré toutes les promesses qu’a brisées, selon lui, le gouvernement Trudeau et tenté de démontrer que le NPD est la seule voix progressiste à Ottawa. Le chef sortant critique Justin Trudeau qui n’a pas rétabli la livraison du courrier à domicile, qui semble avoir fait marche arrière sur la réforme du scrutin et qui est allé de l’avant avec la vente de véhicules blindés à l’Arabie saoudite, a-t-il déploré.

«Ce n’est pas un parti qui croit à la paix. C’est un parti qui renonce à ses propres principes, qui n’en a pas de principe et nous, on va le dénoncer haut et fort à chaque fois», a-t-il lancé.

M. Mulcair n’a pas manqué d’écorcher les principaux ministres du gouvernement libéral, dont le ministre des Finances Bill Morneau «ce multimillionnaire dont le nom est sorti lorsqu’on a publié les Panama Papers» et le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, à qui il reproche de dire des «sottises» sur le dossier de Bombardier.

M. Mulcair a même qualifié les 40 députés libéraux québécois de «pantins soi-disant québécois».

«Quand je les regarde et que je les entends surtout parler en anglais… C’est ça, le Parti libéral. C’est un scandale, qu’il n’y ait pas une place plus importante pour la langue française dans ce gouvernement», a-t-il soutenu.

En mêlée de presse après son discours, Thomas Mulcair a réitéré qu’il avait l’intention de rester chef jusqu’à ce que le parti lui choisisse un successeur en octobre 2017. Il a expliqué que son rôle consistait en ce moment à mettre en ordre le NPD et à défendre ses idées pour que le parti soit en bonne posture lorsqu’il passera le flambeau.

Mis à part les députés québécois, les députés Peter Julian et Charlie Angus, qui sont pressentis pour se présenter dans la course à la direction, étaient présents à Montréal. La jeune députée manitobaine Niki Ashton, qui pourrait elle aussi se lancer, s’était adressée à l’aile jeunesse du NPD lors de son congrès annuel, qui se tenait vendredi à l’Université McGill. Le nom du député québécois Guy Caron circule également parmi les potentiels candidats à la direction.

Quant à son avenir dans un an, M. Mulcair a dit qu’il était toujours en réflexion, rappelant qu’il avait déjà enseigné à l’université et qu’il était toujours avocat. «Il y a plein de choses que je suis en train de regarder avec les gens qui m’en parlent. Je vais faire une chose, c’est certain: je vais être là pour passer le flambeau et je vais continuer de militer pour un Canada et un Québec plus juste», a-t-il conclu.

Le congrès de la section Québec du NPD qui s’est ouvert samedi se poursuit jusqu’à dimanche à Montréal. Cet événement permet aux délégués québécois d’adopter des résolutions sur une variété d’enjeux qui seront mises de l’avant à l’ocasion des congrès fédéraux du parti.

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