Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — L’ancien chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, prévient l’industrie pétrolière qu’elle devra non seulement consulter et faire participer les Premières Nations aux projets, mais qu’elle devra le faire dès le départ, avant même que soient conçues les routes menant à ces projets.

L’approbation par les Premières Nations est «à la base même de l’acceptabilité sociale» de tout projet, a martelé M. Fontaine, qui participait lundi à une tribune sur la question, devant l’Association pétrolière et gazière du Québec, réunie en congrès à Montréal.

«Les peuples et les communautés ont le droit de dire oui et ils ont le droit de dire non. Et ils pourraient dire non pour le moment. Et vous devrez vous engager dans des discussions qui pourraient prendre plus de temps que vous l’envisagiez au départ», a lancé M. Fontaine à son auditoire de gens de l’industrie.

C’est l’ancien premier ministre fédéral Paul Martin qui animait les échanges sur cette question avec un vice-président de TransCanada-Énergie Est, Gary Houston, et la présidente et chef de la direction du Centre autochtone en énergie, Cheryl Cardinal.

Plus tard au cours d’un point de presse, M. Martin a appuyé les revendications des Premières Nations, affirmant que les projets d’exploitation des hydrocarbures ne se feront plus sans leur approbation.

«On le voit dans l’Ouest canadien: il n’y a pas grand-chose qui va se faire s’il n’y a pas d’entente entre les peuples autochtones et l’industrie», a-t-il conclu.

Il a rappelé que leurs droits ont été reconnus dans des traités et que les tribunaux leur ont maintes fois donné raison.

«Il y a une compréhension qui n’existe pas entre les peuples autochtones et les peuples non autochtones, nous. Je pense que nous, on a beaucoup à apprendre», a opiné l’ancien premier ministre Martin.

Il a abondé dans le même sens que Phil Fontaine quant au rôle des Premières Nations dans ces projets pétroliers et gaziers.

«Elles veulent être propriétaires et pourquoi pas? Si vraiment sur leur territoire, il y a des richesses comme cela, pourquoi ne voudraient-elles pas créer leurs propres compagnies, donner non seulement des emplois à leur population, mais vraiment donner la richesse pour l’avenir. Oui, entièrement d’accord avec lui», a-t-il opiné.

De son côté, le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, Michael Binnion, a assuré que l’industrie était prête à verser des redevances et à faire participer les Premières Nations dès le départ des projets. Il a souligné que l’industrie consultait déjà beaucoup les communautés concernées, ainsi que les Premières Nations.

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