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VANCOUVER — Un éditorial du Journal de l’Association médicale canadienne (AMC) conclut que les désaccords des provinces pour le renouvellement des transferts fédéraux en santé démontrent la nécessité de mettre sur pied une agence nationale, financée par Ottawa, qui partagerait avec le reste du pays les bonnes idées élaborées ici et là.

Dans un éditorial, le docteur Matthew Stanbrook, éditeur adjoint de la revue scientifique, écrit que les querelles sur les montants à verser et les intérêts particuliers de chacun pourraient mener à une impasse dans les négociations avec le gouvernement fédéral. Selon lui, seuls des changements en profondeur permettraient d’améliorer le système de soins de santé au pays.

Le docteur Stanbrook croit qu’il faudrait élaborer un mécanisme par lequel les gouvernements coopéreraient de façon continue, plutôt qu’à tous les dix ans pour le renouvellement du Transfert canadien en matière de santé.

Lors des négociations à Toronto, il y a deux semaines, le débat s’est essentiellement cristallisé sur la décision des libéraux fédéraux d’adopter la position annoncée par le précédent gouvernement conservateur: réduire de moitié, à compter d’avril 2017, la hausse annuelle des transferts fédéraux en matière de santé, qui passerait de six à trois pour cent.

Or, le docteur Stanbrook soutient que c’est l’innovation qui est la clé de toute réforme dans le système de soins de santé, parce que les coûts augmentent constamment sans que l’on constate de véritables améliorations, particulièrement chez les aînés, les Autochtones et les personnes souffrant de maladies mentales.

L’éditeur adjoint du Journal de l’AMC écrit qu’un rapport, commandé par le précédent gouvernement conservateur, recommandait l’an dernier la création d’une agence fédérale qui financerait la mise en oeuvre au pays d’initiatives élaborées avec succès par certaines provinces. À titre d’exemple, il cite la trouvaille de la Colombie-Britannique, qui permet aux médecins de consulter le dossier électronique de tous les médicaments prescrits à un patient.

L’expert en politiques sanitaires Michael Decter, qui préside l’organisme sans but lucratif Patients Canada, est lui aussi d’avis que l’innovation doit guider la réforme du système, mais il rappelle que la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé pourrait jouer ce rôle.

La Fondation a justement pour mission de «recenser des innovations éprouvées» et d’«accélérer leur diffusion partout au Canada», lit-on sur son site.

M. Decter, qui a été sous-ministre de la Santé en Ontario pendant les années 1990, partage l’avis de la ministre fédérale, Jane Philpott, qui maintient que les provinces doivent rendre des comptes pour les sommes qu’elles reçoivent d’Ottawa, car les transferts en matière de santé se retrouvent dans les recettes générales des gouvernements.

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