OTTAWA — Le Bureau de l’enquêteur correctionnel s’inquiète de la hausse fulgurante du recours aux vaporisateurs de gaz poivré par les agents intervenant auprès des détenus dans les prisons fédérales.

L’enquêteur correctionnel Howard Sapers a constaté que des vaporisateurs de gaz poivré ont été employés dans 60 pour cent des cas où des agents ont dû avoir recours à la force au cours de l’an dernier.

Cette proportion représente le triple du nombre de cas comptabilisés il y a cinq ans.

Il s’agit de l’une des conclusions du rapport annuel du Bureau de l’enquêteur correctionnel, déposé lundi au Parlement.

En tout, le bureau a recensé 1833 incidents dans lesquels le recours de la force a été privilégié.

M. Sapers a également relevé que la hausse constatée coïncide avec le moment où les vaporisateurs de gaz poivré ont commencé à faire partie de l’équipement habituel des agents correctionnels, soit en septembre 2010.

Dans la plupart des cas, l’incident n’a pas été capté par les caméras, a-t-il ajouté. Il est ainsi difficile de déterminer si un autre type d’intervention aurait pu être privilégié, a fait valoir l’enquêteur.

Rien ne démontre par ailleurs que le recours plus fréquent aux vaporisateurs de gaz poivré assure davantage la sécurité des pénitenciers ou que les prisonniers sont plus enclins à respecter les règles avec ce moyen, a indiqué M. Sapers.

Le rapport 2015-2016 du Bureau de l’enquêteur correctionnel comporte également 27 recommandations pour améliorer les pratiques dans les établissements carcéraux fédéraux.

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