QUÉBEC — Les électeurs de quatre circonscriptions (Arthabaska, Saint-Jérôme, Verdun et Marie-Victorin) sont appelés à se donner un nouveau député le 5 décembre.

Le premier ministre Philippe Couillard aura attendu la limite légale pour déclencher mercredi ces quatre complémentaires, qui constitueront le premier test électoral pour le nouveau chef péquiste Jean-François Lisée.

À l’heure actuelle, on compte parmi elles deux circonscriptions péquistes (Marie-Victorin et Saint-Jérôme), une libérale (Verdun) et une indépendante (Arthabaska) qui était auparavant dans le camp caquiste.

Ces élections complémentaires, qui devraient coûter aux contribuables au minimum 2 millions $, sont rendues nécessaires par les départs de l’ex-chef péquiste Pierre Karl Péladeau (Saint-Jérôme), en mai, de l’ex-ministre devenu animateur de radio Bernard Drainville (Marie-Victorin), en juin, suivi de l’ex-ministre Jacques Daoust (Verdun), en août, et par le décès subit de Sylvie Roy (Arthabaska), en juillet.

Les partis d’opposition vont tout mettre en oeuvre dans les prochaines semaines pour convaincre les électeurs de sanctionner le gouvernement libéral pour ses compressions budgétaires des deux dernières années et son style de gestion.

Mais les libéraux, qui ont réussi depuis plus de deux ans à demeurer les favoris dans les sondages d’opinion malgré un taux d’insatisfaction élevé, ont bon espoir de conserver Verdun et pensent même pouvoir conquérir Arthabaska, une circonscription jamais acquise à aucun parti, ayant dans les dernières décennies voté tantôt libéral, tantôt PQ, ou encore ADQ et plus récemment CAQ.

C’est là, dans Arthabaska, que le parti de François Legault a quand même le plus de chances de crier victoire. Il mise sur Éric Lefebvre, un ancien conseiller municipal, pour y parvenir.

Arthabaska était caquiste, avant que Sylvie Roy (avec une forte majorité de 6512 voix en 2014) choisisse de siéger comme indépendante à l’été 2015, après un différend majeur avec son chef. Il faudra voir si les électeurs approuveront cette rupture ou choisiront de tourner la page.

Les libéraux y présentent Luc Dastous, qui était déjà candidat du PLQ en 2014, et qui se présente en digne successeur de Sylvie Roy, même si cette dernière n’a jamais été libérale. Signe que le PLQ ne s’avoue pas vaincu: deux des proches collaborateurs de l’ex-députée disparue, Éric Vachon, autrefois adéquiste et conservateur au fédéral, et Salma Chouaieb, de même que la soeur de Mme Roy, Nathalie, ont donné leur appui au candidat libéral.

Les péquistes devraient facilement maintenir la forteresse de Marie-Victorin et croient assurer leur réélection dans Saint-Jérôme, une circonscription cependant convoitée par la Coalition avenir Québec, qui y a déjà fait élire Jacques Duchesneau.

Cette fois, la CAQ mise sur un candidat issu du milieu, le maire de St-Hyppolyte, Bruno Laroche, tout comme le PQ, qui cherche à faire élire Marc Bourcier, un conseiller municipal de St-Jérôme. Malgré son aura de candidat-vedette, Pierre Karl Péladeau n’avait pas eu une majorité insurmontable en 2014 (1962 voix), ce qui entretient l’espoir chez les caquistes dans Saint-Jérôme.

Dans Marie-Victorin, sur la Rive-Sud de Montréal, pas moins de six candidats se faisaient la lutte pour obtenir l’investiture péquiste. Le parti sera représenté par Catherine Fournier, ancienne candidate du Bloc québécois. Sa victoire paraît certainement à portée de main, si on se fie à la majorité de 3688 voix acquise par Bernard Drainville en 2014.

Dans Verdun, le PLQ présente Isabelle Melançon, militante libérale de longue date, ancienne directrice des communications du parti, directrice des communications de la SODEC pendant des années et jusqu’à tout récemment directrice de cabinet de la ministre Hélène David. Elle connaît déjà tous les rouages de la politique et contribuera, si elle est élue, à augmenter la proportion de femmes dans le caucus libéral, où elles sont très minoritaires. Jacques Daoust avait récolté une très confortable majorité de près de 9000 voix en 2014.

Constatant l’évidence, le nouveau chef péquiste Jean-François Lisée a offert, en vain, à Québec solidaire et au Parti Vert de présenter une candidature commune, seule chance selon lui de battre le PLQ dans Verdun.

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