Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le candidat à la direction du Parti conservateur Michael Chong se présente comme un vert parmi les bleus en proposant d’imposer une taxe sur le carbone pour financer des baisses d’impôt.

La position du député ontarien contraste avec celle de son parti, qui fustige sur toutes les tribunes la «taxe carbone tueuse d’emplois» que compte imposer le gouvernement libéral dès 2018.

M. Chong plaide cependant que les militants conservateurs avec qui il échange sont prêts à prendre ce virage vert, à condition que celui-ci mène à une réduction de leur fardeau fiscal.

«On a besoin d’une vraie position sur l’environnement, parce que c’est une cause importante pour beaucoup de citoyens qui habitent partout au Canada», a-t-il soutenu.

En conférence de presse au parlement, mercredi, Michael Chong a repris à son compte un argument que les libéraux martèlent depuis des mois, soit que l’économie et l’environnement doivent aller de pair.

Mais le gouvernement de Justin Trudeau a accouché d’un plan mal ficelé, car certaines provinces utiliseront les revenus provenant de cette taxe pour financer des programmes gouvernementaux, estime le député de l’Ontario.

Le plan Chong, qui passe par l’imposition d’une taxe sur le carbone de 10 $ la tonne en 2018 jusqu’à 130 $ la tonne en 2030, permettra de réduire les impôts des particuliers et ceux des entreprises dès le dépôt d’un premier budget, en 2020.

Le candidat à la chefferie conservatrice dit vouloir suivre le modèle implanté en Colombie-Britannique, où le gouvernement de Christy Clark a «utilisé tous les revenus pour baisser les impôts pour les sociétés, mais aussi pour les individus».

Le Québec et l’Ontario, qui ont opté pour une bourse du carbone, pourraient continuer à le faire sous un gouvernement Chong. Mais comme les libéraux, il serait prêt à sortir le bâton si des provinces récalcitrantes refusaient de se doter d’un mécanisme de tarification.

La taxe sur le carbone, en plus de permettre au Canada d’atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre en 2030, servirait à financer des réductions d’impôt. Elle permettrait de générer, avec l’abolition de certains crédits d’impôt, des économies de 11,5 milliards $.

Michael Chong profiterait de l’occasion pour simplifier le régime fiscal, éliminant trois des cinq paliers d’imposition. Il y aurait un taux d’imposition de 15 pour cent pour les revenus se situant entre 45 282 $ et 140 388 $, et un autre de 29 pour cent pour la fourchette supérieure.

De leur côté, les grandes sociétés verraient leur taux d’imposition baisser de 5 pour cent, passant de 15 à 10 pour cent, a précisé le candidat à la succession Stephen Harper, qui a vu débarquer mercredi une autre rivale dans cette course.

Sa collègue ontarienne Lisa Raitt a en effet confirmé sur les réseaux sociaux, en publiant une vidéo, qu’elle se lançait dans l’arène. Elle devient ainsi l’une des nombreuses prétendantes au poste — neuf candidats sont officiellement sur les rangs à l’heure actuelle.

L’élection du prochain chef du Parti conservateur aura lieu le 27 mai 2017.

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