HO HO / La Presse Canadienne

WOODSTOCK, Ont. — L’infirmière accusée d’avoir tué huit pensionnaires de résidences pour personnes âgées en Ontario a brièvement comparu par vidéoconférence, mercredi.

Elizabeth Wettlaufer, âgée de 49 ans, fait face à huit chefs d’accusation de meurtre prémédité, qui auraient été commis entre 2007 et 2014 dans un foyer de Woodstock et dans un autre de London. Selon la police, l’infirmière aurait tué ses victimes en leur administrant des médicaments.

Au cours d’une brève audience, mercredi, la cause a été reportée au 18 novembre.

À sa sortie de la salle d’audience, la fille de l’une des victimes présumées a soutenu que sa famille avait, à l’époque, demandé en vain au coroner de pratiquer une autopsie. Andrea Silcox, qui travaille elle-même en soins de longue durée, a indiqué aux journalistes qu’elle avait eu des doutes lors du décès, en 2007, de son père, James Silcox — un homme fort et en bonne santé, selon elle.

Mme Silcox soutient que le coroner a répondu à sa soeur que leur père avait 85 ans, qu’il vivait en foyer pour personnes âgées, «alors à quoi bon pratiquer une autopsie?».

Le bureau du coroner a déjà précisé que les résidences pour personnes âgées sont tenues de signaler tout décès d’un pensionnaire, et qu’une enquête est menée seulement en cas de mort subite ou suspecte — négligence, violence, «mésaventure», faute professionnelle, manque de soins.

La police a amorcé son enquête le 19 septembre et Mme Wettlaufer a été arrêtée cinq semaines plus tard. Une source proche de l’enquête a révélé à La Presse canadienne que la police avait été prévenue par des employés d’un hôpital psychiatrique de Toronto, à qui Mme Wettlaufer aurait confié certaines informations «préoccupantes».

Pas encore formellement accusée, Mme Wettlaufer a ensuite signé un engagement à ne pas troubler la paix et elle a été remise en liberté, sous plusieurs conditions, jusqu’à son arrestation le 24 octobre.

Les dossiers du Collège des infirmières de l’Ontario révèlent que Mme Wettlaufer avait été admise à l’ordre professionnel en août 1995 mais qu’elle a démissionné le 30 septembre dernier — après le début de l’enquête. Depuis cette date, elle ne pouvait donc plus pratiquer la profession d’«infirmière autorisée».

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