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La Sûreté du Québec (SQ) a épié les communications de six journalistes, dans le cadre d’une enquête lancée en 2013, a révélé mercredi le Journal de Montréal.

Les répertoires téléphoniques de six reporters ont été suivies pendant plusieurs mois par les affaires internes de la SQ qui enquêtaient sur une fuite à propos de la surveillance électronique qui visait l’ex-président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault.

Des reportages diffusés en 2013, démontraient que M. Arsenault avait fait l’objet d’une surveillance dans le cadre du projet Diligence, sur l’infiltration du crime organisé dans le milieu de la construction.

La SQ a confirmé au Journal de Montréal et à La Presse que plusieurs personnes étaient visées par cette enquête des affaires internes, qui cherchait à trouver d’où provenait les informations sur M. Arsenault. Parmi eux, les journalistes Éric Thibault du Journal de Montréal, Isabelle Richer, Alain Gravel et Marie-Maude Denis de Radio-Canada, ainsi que Denis Lessard de La Presse. Un porte-parole du corps policier a dit avoir appris ces informations mardi, puisque les mandats obtenus étaient sous scellés.

Selon Radio-Canada, M. Arsenault aurait fait une plaine au ministre de la Sécurité publique de l’époque, Stéphane Bergeron, qui aurait demandé au directeur de la SQ à l’époque, Mario Laprise, d’enquêter.

Lors d’un point de presse mercredi après midi, M. Bergeron, flanqué du chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a vivement démenti avoir été au courant de la traque de journalistes. «Je n’ai pas demandé ça, je n’ai pas autorisé ça, je n’aurais jamais autorisé ça et je n’ai jamais été informé de ça», a-t-il martelé.

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux, a indiqué en fin de journée qu’une enquête administrative sera menée par son ministère sur la surveillance effectuée par la SQ. Ceci émane d’une demande du directeur général du service de police, Martin Prud’homme. «Cela nous permettra de voir s’il faut réviser nos façons de faire», a affirmé M. Coiteux.

Deux des journalistes espionnés dans cette affaire, Isabelle Richer et Marie-Maude Denis, se sont dites «ébranlées» par les révélations lors d’une entrevue à RDI.

«Ce qui me jette à terre, c’est que ce n’est pas juste une culture au Service de police de la ville de Montréal (SPVM), c’est aussi à la SQ. C’est une chasse généralisée aux sources, a lancé Mme Richer, faisant référence à l’autre scandale d’espionnage de journalistes dévoilé lundi, soit celui mettant en cause le journaliste Patrick Lagacé de La Presse et le SPVM. C’est extrêmement volatile et même relatif, la liberté de la presse.»

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