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QUÉBEC — Le ministre des Finances, Carlos Leitao, s’est dit très troublé par les allégations de fraude atteignant 2 millions $ impliquant d’ex-collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) en lien avec la Société immobilière du Québec (SIQ), un organisme sous sa gouverne.

Lors d’une mêlée de presse jeudi, le ministre Leitao n’a cependant pas voulu dire si, selon lui, le PLQ avait ainsi pu profiter de cette fraude financière d’envergure, prétextant une enquête menée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le dossier.

Il a rappelé que des changements avaient été apportés en 2012 à la gouvernance de la SIQ, devenue depuis la Société québécoise des infrastructures (SQI), afin d’éviter que surviennent ce genre de fraudes.

Radio-Canada rapportait jeudi que d’ex-collecteurs de fonds du PLQ, William Bartlett, Franco Fava et Charles Rondeau, et l’ex-PDG de la SIQ, Marc-André Fortier, auraient usé d’un stratagème pour se partager frauduleusement la somme de 2 millions $, entre 2003 et 2008.

La SIQ, une société d’État, était responsable de la gestion immobilière des édifices abritant les bureaux du gouvernement.

Selon le reportage, les sommes en question auraient ensuite été détournées vers des comptes bancaires aux Bahamas.

«Combien d’argent sale provenant de cette fraude historique de 2 millions $ s’est retrouvé dans les coffres du Parti libéral?», a demandé la députée péquiste Agnès Maltais, à l’Assemblée nationale.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s’est levé pour affirmer que l’enquête de l’UPAC l’empêchait de formuler des commentaires à ce propos.

«L’UPAC est une unité indépendante qui mène ses enquêtes de façon indépendante sans que nous n’intervenions et sans que nous n’émettions d’opinion. Alors, je vais me contenter de dire cela: cette indépendance, elle est très importante, et l’UPAC doit faire son travail», a-t-il dit et répété, malgré l’insistance de la députée, qui est porte-parole sur les questions d’éthique.

Il a dit juger «pitoyable» cette insistance, compte tenu de l’importance de respecter la séparation des pouvoirs.

Son collègue des Finances a jugé quant à lui que les faits allégués étaient «très troublants».

Selon le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, le premier ministre Philippe Couillard a renoncé à faire le grand ménage qui s’imposait dans son parti, quand il en a pris les commandes en 2013. Et il a eu tort d’agir ainsi.

M. Couillard «n’a jamais exorcisé le Parti libéral de ce qui existait avant qu’il arrive et c’est probablement la plus grande faute politique qu’il ait commise dans sa carrière. C’est, lorsqu’il a été élu chef, il avait une fenêtre d’opportunité pour changer la culture du PLQ, changer le personnel, il ne l’a pas fait et il paie pour ça depuis», a commenté le chef péquiste lors d’un point de presse.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, pense lui aussi que le reportage a fait la preuve que le ménage n’avait pas été fait au PLQ.

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, a dit qu’il n’avait pas été surpris par les nouvelles allégations. «Vu l’ampleur et la profondeur de la corruption au sein de l’appareil du Parti libéral au pouvoir, ça ne me surprend pas du tout, du tout. Le rôle que jouent les financiers, les collecteurs de fonds de ce parti dans l’octroi de contrats, dans l’octroi de bénéfices, dans la nomination de juges a été à maintes fois révélé», selon lui.

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