Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Justin Trudeau se dit ouvert à un resserrement draconien des règles concernant le financement politique afin d’assurer aux Canadiens que les dons n’achètent pas un accès privilégié à son cabinet.

Le premier ministre a fait l’objet de critiques au cours des dernières semaines au sujet d’activités de financement libérales qui mettent des ministres en vedette — à 1500 $ le billet.

M. Trudeau soutient que les normes en vigueur à Ottawa sont suffisamment sévères pour empêcher tout accès préférentiel. Néanmoins, il n’a pas écarté la possibilité de réformer ces règles de manière à réduire l’influence de l’argent dans la sphère politique, de même que la nécessité pour les formations politiques de continuellement récolter des fonds.

À l’occasion d’une conférence de presse, jeudi, le premier ministre a été interrogé quant à un éventuel abaissement du plafond de 1500 $ pour les dons individuels, une réinstauration du financement populaire selon le nombre de voix récoltées, de même que la mise en place d’un plafond pour les dépenses entre chaque élection. M. Trudeau s’est alors dit ouvert à des discussions en ce sens, dans le but d’inspirer la confiance des Canadiens.

Les conservateurs accusent Justin Trudeau d’enfreindre son propre code d’éthique, qui interdit aux ministres d’accorder un accès privilégié aux donateurs du parti — même en apparence.

Jeudi, à la veille du premier anniversaire de l’assermentation du gouvernement libéral, l’opposition a présenté une motion voulant que la commissaire à l’éthique puisse assurer le respect de cette directive.

La motion, sur laquelle se prononceront les parlementaires plus tard ce mois-ci, vise à mettre le premier ministre sur la sellette. Il n’a d’autre choix que de s’opposer à son propre code d’éthique ou de risquer que la commissaire à l’éthique interdise les activités de financement avec des ministres en tête d’affiche. Or, si sa directive est bel et bien respectée, rien ne justifierait un vote contre cette motion.

La commissaire Mary Dawson s’est déjà prononcée sur ces événements exclusifs, les qualifiant de «douteux», bien qu’elle ne dispose actuellement d’aucune autorité en la matière.

La directive de M. Trudeau à l’égard de ses ministres est comprise dans le document intitulé «Pour un gouvernement ouvert et responsable», rendu public depuis l’automne dernier. Il y énonce les normes de conduite à l’intention des membres de son cabinet.

Jeudi, le premier ministre a rappelé que les partis fédéraux sont soumis à des règles de financement parmi les plus strictes de tout ordre de gouvernement. Les contributions politiques sont interdites aux sociétés ainsi qu’aux syndicats, et une certaine transparence est assurée par la nature publique de chaque don.

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