VANCOUVER — Le gouvernement fédéral a annoncé, lundi, à Vancouver, son Plan de protection des océans auquel 1,5 milliard $ sera alloué.

L’initiative s’échelonnera sur cinq ans, à partir de 2017, et fera du Canada un leader en matière de protection des eaux des océans Pacifique, Atlantique et Arctique, a soutenu le premier ministre Justin Trudeau.

Le plan comprend notamment la mise sur pied d’un système de sécurité maritime et la restauration des écosystèmes marins. Des dépenses iront également à la recherche vouée à l’amélioration des méthodes de nettoyage après des déversements d’hydrocarbures.

Le financement annoncé donnera une plus grande marge de manœuvre à la Garde côtière canadienne, a fait valoir le premier ministre, en plus de permettre de durcir le ton envers les entreprises polluantes.

La restauration de l’habitat côtier sera également rendue possible, clame le gouvernement, et de nouvelles lois pourront être mises en place pour accroître la responsabilité des propriétaires de bateaux.

Puisque le Canada a le plus long littoral côtier au monde, il est essentiel d’avoir un plan pour en assurer la protection de façon moderne, a ajouté le premier ministre.

Cette annonce, lundi, a été faite un jour après qu’une barge a chaviré et coulé près d’un site où un déversement de plus de 100 000 litres de diesel a eu lieu le mois passé.

«Ce qui se passe à Bella Bella est inacceptable. Il est temps que la situation change», a dit Justin Trudeau.

Le Plan de protection des océans laisse la voie libre à l’approbation par le gouvernement du projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan, au coût de 6,8 milliards $.

Le gouvernement devrait annoncer sa décision quant à ce projet d’ici au 19 décembre. La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a longtemps réclamé qu’un système d’intervention d’envergure en cas de déversement soit mis en place pour que la Colombie-Britannique approuve le projet— entre autres conditions.

De nombreux opposants au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain se sont d’ailleurs rassemblés pour protester, lundi, alors que Justin Trudeau procédait à son annonce.

Plusieurs groupes environnementaux ont salué l’engagement d’Ottawa à mettre en place un système d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures, mais ont réitéré qu’ils s’opposent au projet de Kinder Morgan.

Le directeur principal d’Équiterre, Steven Guilbeault, a appelé le gouvernement à respecter la Loi sur les espèces en péril en commandant une nouvelle évaluation environnementale de l’allongement de Trans Mountain. Celle entamée par l’Office national de l’énergie ne tient pas compte des conséquences possibles sur les espèces menacées telles que les épaulards, a-t-il déploré par voie de communiqué.

«Nous saluons la volonté du gouvernement de protéger davantage nos côtes, mais nous croyons que ces plans de protection doivent être approuvés avant tout nouveau projet de pipeline», a-t-il fait valoir.

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