SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Le projet de Muskrat Falls va causer une augmentation de la présence de mercure toxique dans la nourriture prélevée dans la nature que mangent les communautés du Labrador, selon une nouvelle étude de l’Université Harvard sur les effets des barrages hydroélectriques sur les populations autochtones.

Les concentrations de mercure méthylé chez les poissons, les oiseaux et les phoques, source de nourriture importante pour la population inuite de la région, vont vraisemblablement être multipliées par dix dans la partie inférieure du barrage sur le fleuve Churchill, indique l’étude à propos de Muskrat Falls.

Après les inondations, les concentrations projetées de mercure méthylé dépasseraient la limite canadienne permise pour la consommation.

L’étude estime que l’exposition moyenne à cette neurotoxine chez les Inuits de la région va doubler après les inondations prévues par le projet. Les taux de contamination chez plus de la moitié des femmes en âge de procréer et des jeunes enfants dans la communauté la plus au nord de Rigolet excéderont les limites permises dans les directives de l’Agence de protection environnementale américaine.

L’étude a été publiée mercredi dans le journal scientifique Environmental Science and Technology.

Le mercure méthylé se forme lorsque le mercure se mélange avec des bactéries lors du processus de décomposition de la végétation submergée. Il s’agit d’une neurotoxine liée à des problèmes cardiovasculaires et du système immunitaire, ainsi qu’à l’hyperactivité chez les enfants.

Les risques pour la santé sont plus élevés pour les femmes enceintes ou qui allaitent et les jeunes enfants. Manger trop de nourriture contaminée augmente le risque de développer des problèmes du système nerveux chez les enfants qui grandissent.

Un des auteurs de l’étude dit que les risques associés au mercure méthylé pourraient être réduits par un meilleur défrichage des zones des réservoirs.

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